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MayakuDreams come true

C’est étrange pas vrai ? la façon dont une ville peut vous envoûter, malgré les histoires étranges qui s’y déroulent, malgré les quatre quartiers qui la divisent, malgré son passé trouble. Et pourtant … Bienvenue à Mayaku, la fascinante Mayaku.

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 Tell you the story of who I am ◈ Penta.

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guess what I am capable ofInvité



Mar 10 Mar - 2:00

De-John « Penta » Clarke



Identité






Nom complet : De-John Clarke
Date & lieu de naissance : 10.03.1972 ; Seattle
Âge : 43 ans
Signe astrologique : Poisson
Orientation sexuelle : Bi
Origine(s) : Américain
Langue(s) parlée(s) : Anglais, Japonais, Espagnol

Crédit avatar :




Classe & situation sociale : Moyenne ; Divorcé
Profession : Médecin et chirurgien urgentiste.
Casier judiciaire : Coups et blessures graves. Que voulez vous, faut bien faire comprendre aux types qu'on évite de droguer des nanas sans raisons...
Ancienneté : 13 ans



Quartier


Le quartier où vous désirez habiter à Mayaku :
Ouest


Physique


« Il parait que l'évidence vient de l’indifférence. »

Dans la norme. Penta est dans la norme. On pourrait penser qu'il est plus grand que son mètre quatre-vingt-trois, ou peut-être un peu plus carré. Mais, non. Penta est quelqu'un qui a fait du sport durant ses années de lycée, puis d'université. Mais il n'a pas de carrure particulièrement imposante. Alors, oui, les années de natation lui ont donné des épaules fortes et présentes, la course lui a donné des jambes tout aussi performantes. Mais, dans une foule, il passe presque inaperçu. Un entretien régulier de ce corps lui permet de conserver une silhouette plutôt agréable à l'œil. Il n'est pas gros, loin de là, et si ses abdominaux ne sont plus aussi creusé qu'à la belle époque, il continue de courir, et même de soulever de la fonte, parfois.

Son visage est tout aussi carré que ses épaules. Quelques rides creusent le coin de ses yeux bleus, presque gris, et une fossette peut être aperçue quand il se permet un petit sourire. Une fossette qui, alliée à un sourire en coin des plus enjôleur et un visage cohérent, a fait craquer plus d'une demoiselle lors de sa tendre jeunesse. Son visage est encadré par une masse de cheveux bruns, avec quelques petits cheveux blancs, lui tombant jusqu'aux oreilles. Il porte, parfois, des lunettes. Il commence à vieillir et sa vue en prend un coup. Si on descend autour de son cou, on verra une grosse chaîne en argent au bout de laquelle pend une alliance.

Le style vestimentaire est plutôt simple : des jeans délavés et troués pour certains, des t-shirt unis. Une veste, en cuir, héritée de son paternel. Des boots de moto en cuir noir. Il possède quand même quelques costumes pour des rendez-vous à l'hôpital, mais il n'aime pas les porter. Quand il travaille, il porte une tenue particulière : un pantalon et un t-shirt larges en cotons de couleur verte ainsi qu'une blouse blanche ou son nom est brodé d'un fil vert. Quand il bosse, il porte une paire de basket : qui sait ce qui leur arriverait qui salirait ses superbes chaussures ?

Un tatouage situé sur la hanche, quelque chose de discret en rapport avec son ex-femme. Le motif est un attrape-rêve très simpliste, sans couleurs. Il n'a aucun piercing.


Caractère


« Ne réveille pas l'eau qui dort. »

Au fond, il n'est pas quelqu'un de mauvais. Peut-être a-t-il pris un chemin qu'il aurait dû éviter, ou alors s'est-il dit que ce serait plus simple de changer ainsi les choses. Mais, De-John n'est pas un garçon infect. Au contraire, c'est quelqu'un de plutôt intelligent, la conversation n'est jamais simple avec lui, il faut creuser pour lui faire desserrer les dents. Et, passé son côté bourru et désagréable sous lequel il se cache aisément, Penta est quelqu'un avec qui on peut évoquer des sujets sensibles qui vont de la politique au choix du jouet pour votre petite dernière. Il est impulsif et il fonce tête baissée, c'est vrai. Malgré les années, il se lèvera toujours pour défendre bec et ongle un de ses patients, même si ce patient en question est le dernier des connards. Tant qu'il n'est pas guéri, on ne lui fait pas de misère. Par contre, dès qu'il sera sur pied, il sera le premier à lui hurler dessus pour le remettre à sa place. Généralement, il n'arrive à rien de bon avec cette méthode. D'ailleurs, l'hôpital l'a souvent mis en suspens pendant plusieurs jours parce que des patients mécontents menaçaient d'attaquer l'hôpital si l'homme n'était pas puni. Mais De-John se fiche pas mal de cette facette de son caractère, pour lui, ce n'est pas les points les plus importants. Il est bosseur, fonceur, impétueux et perfectionniste. Il ne laisserait pas un souci non-résolu et il essayera de son mieux de trouver des réponses à des décès ou des maladies. Il peut décortiquer pendant des heures le dossier médical de la famille d'un patient mort sur sa table parce qu'il n'aura jamais compris pour quelle raison cette hémorragie s'était déclenchée, ou pourquoi cette maladie n'avait-elle pas été reportée.

En dehors du travail, De-John est un gars plutôt amical. Il ne rechigne pas à un peu de compagnies et, s'il ne lui venait pas à l'esprit d'engager une – ou un – prostituée, il sort souvent dans des bars plus ou moins bien famés. Il sait se faire charmeur quand il le faut, mais il ne faut pas lui demander trop de douceur. Je l'ai dit, c'est un homme impétueux. Ses relations – du moins les sexuelles – sont souvent brusques, faites dans l'urgence. Comme si c'était la dernière étreinte au monde qu'il aurait. Et après l'amour, pas de câlin ou de mots doux. Une douche, une clope et il s'en va. Il a la courtoisie de payer l'hôtel si vous n'avez pas eu le temps de le ramener chez lui. S'il peut aimer ? Bien sûr. Mais ça ne change pas la donne. Il va se montrer possessif et jaloux – sans l'être à outrance, évidemment – mais également protecteur et responsable. Il fera en sorte que la personne soit heureuse, même si c'est pour qu'elle le soit loin de lui (et ces décisions lui coûtent souvent).

Pour ce qui est de cette ville, il compte bien réussir à la changer. Il n'aime pas le maire, il n'est pas des leurs. Ils vont s'en débarrasser. Quant à la ville ? Que peut-il vraiment dire à part que certains quartiers devraient être éradiqués ? La vermine n'a pas sa place dans le coin. L'argent sale ne fera pas avancer l'état.

Petites manies : se passe la main sur la nuque, constamment, se mord la lèvre inférieure et rabats ses cheveux en arrière.


Histoire



«Chapter one – Two bodies ; two souls.»
L'histoire commence toujours par celle de la génération précédente. D'après-guerre. Matthew Clarke et Edwige Heartfield se sont rencontrés sur les bancs de l'université en septembre 1967. Elle était en première année, lui en troisième. Je pourrais vous raconter qu'ils se sont aimés au premier regard, qu'ils ont vécu une passion qui les aura peu à peu consumés pour devenir un amour sincère. Oui, je pourrais vous raconter ça. Mais ce serait terriblement faux.

Non, leur rencontre avait été entièrement calculée par Matthew et, surtout, son père. Détenteurs d'un cabinet d'avocats d'affaires prestigieux dans le centre de Seattle, la famille Clarke avait besoin d'un investisseur. Le père d'Edwige était lui aussi avocat avec un plus gros cabinet. Une alliance serait bénéfique pour les deux partis. Et, là où la jeune Edwige vit un jeune homme propre sur lui et absolument parfait tenter de la séduire, elle, jeune femme qui était loin d'être un modèle de beauté, elle n'hésita pas. Leur relation commença et dura deux ans au bout desquels ils se marièrent.

Edwige était une femme très douce et très gentille, elle avait entamé des études en sciences sociales dans le but d'aider son prochain. Très croyante, elle avait espéré qu'elle pourrait aller au bout de sa licence. N'ayant jamais eu de petit-ami ou, simplement, de flirt durant ses années de lycée, elle avait espéré rencontrer son prince charmant durant l'université. Le vrai prince avec le cheval blanc et le sourire Colgate. Oh, Matthew avait tout ça. Leurs premiers rendez-vous furent absolument parfaits : grands restaurants, dîners aux chandelles, balades au clair de lune, pièce de théâtre, séances de cinéma et, aussi des soirées à l'Opéra. Même la demande en mariage avait été extraordinaire. Il l'avait emmené à Paris pour les vacances de Noël. Et, le vingt-quatre décembre 1968, il lui avait demandé sa main sur une péniche qui voguait sur la Seine. Elle avait dit oui immédiatement sans jamais se douter de ce qui se cachait derrière tout ça. Elle était persuadée de vivre un rêve éveillé. La noce eut lieu au début de l'été et leur voyage de noces dura un mois durant lequel ils visitèrent Hawaï.

La pauvre Edwige se rendit compte de son piège au retour. Son époux devait finir ses années de droit alors, hormis si la nuit de noce avait été prolifique, il n'y aurait plus de contact jusqu'à ce qu'il ait passé son diplôme. Cela arriva trois années plus tard, après une certaine quantité d'essai, le 10 mars 1972, De-John vit le jour.

«Chapter two – Firstborn ; Be happy ?»
Un fils ! Ils avaient un fils. Matthew était l'homme le plus heureux de la terre. Depuis trois ans, Edwige avait fini par comprendre qu'elle ne serait bonne à enfanter qu'en temps venu et que, en attendant, elle devait tenir la maison. Alors, elle s'était lancée dans les œuvres caritatives. C'était idiot, mais c'était comme ça qu'elle passait ses semaines sans dépérir. Alors, l'arrivée de De-John fut un soulagement pour elle. Plus que le bonheur d'avoir un enfant, elle obtenait une raison de se lever le matin. C'est dans ce climat que le jeune Clarke rentra dans sa nouvelle maison. Une fois l'annonce du sexe fait, Matthew s'en désintéressa complétement. De-John n'était plus son problème jusqu'à ses dix ans, au moins.

Malheureusement, Matthew restait un homme comme les autres et il faisait l’amour à sa femme quand il lui en prenait l’envie. Et ce qui devait arriver arriva. Un accident, le premier. Un an après la naissance de De-John, une paire de jumeau voyait le jour : Clifford et Russel. Le second arriva trois ans après, c’était une petite fille, Kathryn. Des boucles blondes comme celles de sa mère et de grands yeux bleus. Des yeux qui ne rencontrèrent jamais les chaleureuses pupilles de sa génitrice qui succomba à un placenta prævia.

Pendant les quatre premières années de sa vie, De-John et ses frères ont été choyé et aimé. Edwige lui aura donné toute l'affection qu'elle avait en elle ainsi que toute son attention. Jusqu'à la nouvelle grossesse de sa mère, il n'avait pas à se plaindre. Mais la mort de sa mère lui a fait un choc. Il était jeune, il ne comprenait pas tout. Quand son père a dit qu’elle était morte, sans douceur ou manière de le cacher, il avait pris ses petits frères et ils avaient dormis ensembles, tous les trois.

A la maison, plus rien n’était comme avant. Matthew avait engagé Irinda, une nourrice Russe qui n’avait rien de tendre et de maternel. Bien des fois, les enfants ont reçu des corrections qu’ils ne méritaient pas. Et si, à l'école, De-John faisait de son mieux pour briller, à la maison toute l'attention fut bientôt portée sur la petite dernière. Il n'y avait que son père pour ignorer les quatre bambins autant les uns que les autres.

L’enfance des quatre enfants fut plutôt rude mais, en bon aîné, De-John faisait tout ce qu’il pouvait pour protéger les plus jeunes. En effet, Irinda n’était pas quelqu’un contre laquelle on pouvait se rebeller facilement, après tout, il fallait trouver une solution pour élever ces enfants qui avaient perdus leur mère. Et De-John aurait tout fait pour sa fratrie. Tout. Et même s’il en voulait, d’une haine d’enfant, à Kathryn pour la mort de leur mère, il l’aurait protégé au péril de sa vie s’il avait fallu en arriver là.

Et puis, quand il a eu douze ans, ils ont découvert que Kathryn était surdouée.

«Chapter three – Be a man ; Be a jerk.»
Il aurait dû être le centre d'intérêt principal de son père maintenant qu'il avait l'âge de « comprendre les choses de la vie », mais il n'en fut rien. Non, au lieu de ça, Kathryn avait concentré toute l'attention de leur père. La jeune fille s'ennuyait à l'école et perturbait la classe. Elle était en échec scolaire et il décida de l'envoyer chez un psychologue pour savoir d'où ça pouvait venir. Il lui fallut une année pour comprendre que la demoiselle était surdouée. Une année durant laquelle De-John et ses frères furent totalement mis de côté. Les bonnes notes à l'école ? Pas intéressantes. Les exposés à faire ? Demande de l'aide à la nourrice. Les blessures dues au foot ? Tu aurais pu faire attention, je suis en retard pour le rendez-vous de ta sœur.

Peu à peu, De-John a commencé à détester un peu plus cette sœur qui lui volait tout, qui avait volé leur mère. Alors il a essayé de lui reprendre. Il a travaillé plus dur, toujours premier de sa classe. Mais il n'en retirait aucune satisfaction. Il préféra se réfugier avec ses amis. Ils étaient cinq, une bande de cinq pote près à faire les quatre cents coups. Il y avait Mathias, Calden, Jonas et Brad. Et lui. John était le pilier. Au lycée, il était très apprécié de tous. Et il ne faisait rien pour qu'on le haïsse.

Calden était un jeune homme un peu perché, toujours en train de se poser des questions existentielles. C'est lui qui avait, le plus souvent, l'herbe qu'ils fumaient parfois. Ses parents sont militaires, jamais à la maison. Et il est un peu trop spécial pour avoir une petite amie.
Mathias était un sportif, le meilleur du lycée, le capitaine de l'équipe de football américain. Des parents aimants, père comptable et mère institutrice, il a grandi entouré d'amour et de douceur. Il a deux sœurs, un frère et une petite amie qu'il a conservée durant toutes ses années de lycée.
Jonas est un musicien qui a grandi dans une famille monoparentale, sa mère étant décédée à sa naissance. Artiste dans l'âme, il a toujours voulu faire une carrière artistique au grand dam de son père qui aurait préféré qu'il reprenne sa boulangerie. Comme tout musicien, Jonas est un tombeur. Le tombeur. Il a enchaîné les conquêtes pendant toutes ses études.
Quant à Brad, c'était l'intello de service. Avec De-John, ils avaient les meilleures notes de leurs classes et, régulièrement, ils entraient en compétition pour savoir lequel des deux seraient le meilleur. Ses parents sont, à l'image de ceux de De-John, présent et absent à la fois. Ils travaillent tous les deux très dur pour conserver leur train de vie après le licenciement de son père. Pas de petite amie avant la fac pour lui, il était persuadé qu'elle le distrairait.

La petite bande avait d'abord été formée de Brad, Jonas et De-John. Mathias rejoignit le groupe au collège et Calden au lycée, en deuxième année. Très vite, ils avaient été inséparables. La maison de Calden, toujours vide, était peu à peu devenue leur repère. Ils buvaient, jouaient à des jeux vidéo, s'amusaient comme des gosses pouvaient le faire au lycée. Chacun avait ses idées, ses buts, ses idéaux. Et ils s'adoraient.

«Chapter four – Nightmare before Christmas.»
La date restera marquée à jamais dans la mémoire de De-John. Le 5 décembre 1988.

Le weekend juste avant ça, Matthew avait tenu à faire un grand dîné de famille avec les grands-parents. Vin, huitres, saumon, digestifs et fromage. Sauf que, le plateau de fruits de mer servi par Irinda ce midi-là comportait des crevettes roses qui n'étaient pas fraîches. Tous les convives furent malades, De-John et Brad compris. Même s'il ne faisait pas partie de la famille, Brad avait toujours été le bienvenu à ce genre de dîner. Comme il voulait devenir avocat, son père et ses grands-pères étaient fous de lui. Bien plus que de leur propre héritier qui ne savait, a seize ans, toujours pas ce qu'il voulait faire.

Toujours est-il que, le lundi, Brad, Kathryn, Russel, Clifford et De-John restèrent chez eux.
Et, finalement, ça n'était pas plus mal.

C'est aux informations télévisées du soir qu'ils apprirent la nouvelle. Un homme armé s'était introduit dans le lycée de la ville. Le lycée qu'il fréquentait avec ses amis. Il avait ouvert le feu. Bilan définitif : 42 blessés dont 18 graves et 13 morts.

Immédiatement, De-John s'était jeté sur son téléphone pour appeler ses amis. Le père de Jonas lui expliqua que son fils avait pris une balle dans le bras, mais qu'il était en vie. Sauf que l'information ne rassura pas. Si Jonas était touché, ça voulait dire que Calden et Mathias avaient aussi pu être blessés. C'est ce que confirma le père de ce dernier. Il était dans une situation critique en arrivant à l'hôpital, il avait pris une balle dans l'abdomen et dans la jambe et était, à ce moment-là, sur la table d'opération.

Puis, il appela chez Calden.
Et le téléphone sonna et sonna encore, dans le vide.

Parce que Calden avait été la première victime de ce type.
Il s'était interposé pour qu'il ne puisse pas faire de mal à une élève de première année.
Et il s'était pris une balle en pleine tête.

Mathias ne survécut pas à l'opération, son cœur ne l'aura pas supporté et il aura fait un arrêt cardiaque sur la table.
Impossible à réanimer.

Jonas, privé de sa main qui ne retrouverait jamais sa mobilité, se donna la mort deux mois plus tard dans sa chambre.

Et Brad et De-John enterrèrent cette année-là la quasi-totalité de leur petite bande.

Ils étaient là l'un pour l'autre et c'est la seule raison qui leur permit de s'en sortir. Matthew n’avait pas éprouvé le besoin de parler de cet incident avec ses enfants. Il estimait qu'ils devaient se conduire comme des hommes. Quant à Kathryn, elle voyait toujours ce psychologue, elle n’aurait qu’à lui en parler. Alors, c'est dans les bras de son meilleur ami que De-John trouva son réconfort.

L'école donna tout ce qu'elle pouvait donner à ses élèves pour les aider dans leurs deuils ainsi que dans leurs études. De-John passa donc son année entre sa chambre, les devoirs et son meilleur ami.

C'est cette année-là qu'il se rendit compte de sa bisexualité. Avant la fusillade, il avait une petite amie. Il avait rompu rapidement avec elle, mais ils avaient tout de même été très intime, ils sortaient ensemble depuis la fin des examens de l'année précédente et leur été avait été plutôt chaud. Mais il n'avait pas pu la supporter après la mort de ses amis.

Un soir, Brad et lui avaient la maison de ce dernier pour eux seuls. Son père et Kathryn étaient partis visiter une université spécialisée en Californie. Russel et Clifford étaient chez leurs grands-parents maternels et Irinda avait eu le droit de prendre sa soirée pour se rendre chez sa mère à Sacramento. Ils ont acheté une bouteille de rhum qu'ils ont descendu à deux. Ils ont pleuré, ils ont hurlé. Et puis, ils se sont embrassés. Comme si tout était normal. Ils se sont embrassés à en perdre leur souffle et puis, l'inévitable arriva. Les caresses, les baisers, les gestes plus poussés. Cette nuit-là, ils ont tous les deux perdus leur virginité, ils ont tous les deux fait l'amour à un homme. D'abord De-John, puis Brad.

Et quand ils se sont réveillés le lendemain, ils décidèrent d'accepter de passer à autre chose. Ils sont, tous les deux, bisexuels et ambivalents aujourd'hui, et aucun ne s'en plaint. Et si les questions ont quand même rythmé leurs dernières années de lycée, une fois à l’université, ils s’assumèrent entièrement tous les deux.

«Chapter five – New life ; New pains.»
Les dernières années de lycée ont été compliquées. Mais il s'en est sorti. Pour expier son mal-être constant, il a pris l'habitude de trainer dans des bars. Oh, il n'est pas majeur, mais il n'a pas une tête de mineur et la fausse carte d'identité retrouvée dans ses affaires lors de son arrestation prouva que le barman n'avait pas de tort.

Oui, oui, son arrestation. Il avait dix-neuf ans.

Entré à l'université après le lycée, Brad et lui se perdirent un peu de vue. Son ami voulait aller en droit à Princetown, lui avait postulé pour le diplôme East Asian Languages and Civilizations de l'Université de Chicago. Et il avait été admis. Il pourrait dorénavant partir loin de chez son père. De chez cette sœur qui avait entamé un cursus d'astrophysique. Ou, il pourrait être lui-même.

Sauf qu'il s'est retrouvé seul dans cette ville qu'il ne connaissait pas. Seul avec ses vieux démons. Il a fini par côtoyer un type de sa classe avec lequel il passait le plus clair de son temps. Pas le gendre idéal, un mec basané aux cheveux rasés sur le côté, tatoué sur les bras et percé aux oreilles. Oh, pas qu'on juge beaucoup les gens dans la famille Clarke, mais, un peu. Si son père l'avait vu, jamais ils n'auraient autorisé son rejeton à trainer avec. Coup de bol, ils ne vivaient pas à Chicago.

Dylan, c'était son nom, entraînait De-John dans ses magouilles. D'abord, les bars miteux en ville – comme au temps des speakeasy – puis des raves étranges dans des lofts tout aussi miteux. Oh, il aurait pu tomber dans la drogue. La cocaïne tournait par mal et il aurait pu aussi prendre de l'extasy. Mais ça ne l'intéressait pas. Il se contentait de ses joints une fois de temps en temps et de ses clopes.

C'était la soirée d'anniversaire de Dylan ce soir-là. Une grande fête dans un bar clandestin situé sur le campus. Un bar tenu par quelques étudiants, peu regardant de l'âge de leurs clients. Quand une équipe du département de police de Chicago débarqua ce soir-là, il était trop bourré pour s'enfuir à l'image de Dylan et des autres. De-John fut arrêté par la police et mis en cellule de dégrisement pour la nuit.

Quand il ouvrit un œil le lendemain matin, un homme se trouvait face à lui. Un type plutôt grand, la carrure et la mâchoire carrée. Ses cheveux étaient un peu longs, ramenés en arrière, et de couleur « poivre et sel ». Il était rasé impeccablement et portait un costume fait sur-mesure par un couturier renommé de Chicago. Les mains dans les poches, il arborait un petit sourire en coin, amusé, en regardant l'étudiant au fond de son lit.

― Bonjour, Monsieur Clarke. Comment vous sentez vous ?
― Comme si un semi-remorque était en train de rouler sur ma tête, et vous ?
― Oh, moi je vais bien.
― Qui êtes-vous ?
― Nous allons avoir le temps de discuter. Gordon, donner de quoi faire une toilette à ce jeune homme et amenez le dans mon bureau.
― Bien, Monsieur le commissaire.

De-John le regarda partir d'un air sonné. Pourquoi est-ce qu'un commissaire de police s'intéressait à un petit étudiant bourré ? Un instant, il pensa qu'on allait essayer de le coincer à cause de la carte d'identité, ou qu'on allait tenter de le faire balancer Dylan. Alors il fit sa toilette sommairement et se rendit dans le bureau de l'homme. La porte transparente comportait une inscription : « Josh Meyer – Commissaire de Police. » L'homme était face à une baie vitrée qui donnait sur un petit parc de la ville. Les mains jointes dans le dos, il finit par se tourner vers lui.

― Asseyez-vous Monsieur Clarke. Vous voulez un café ?
― Je veux savoir ce que vous me voulez.
― Un peu de patience jeune homme, un peu de patience.

Meyer congédia son sous-fifre et s'installa derrière son épais bureau en chêne. Il resta silencieux un moment avant de reprendre la parole.

― Je vais être direct. Je te suis depuis un moment.

Un silence pesant plana sur le bureau. De-John se leva et se dirigea vers la porte.

― Vous êtes glauque, j’me tire.
― Attends un peu je ne t’ai encore rien expliqué.
― Je ne suis pas sûr de vouloir savoir.
― Je pense que tu as du potentiel, voilà tout. Pourquoi paniques-tu ?
― Vous me « suivez » ?
― Je t’ai vu sur le campus. Je me suis renseigné un peu sur ta vie. Pourquoi perds-tu ton temps dans une licence de langue ?
― Pardon ? En quoi mon avenir vous intéresse ?

Josh n'eut le temps de prononcer aucun mot. De-John avait ouvert la porte et s'en allait. Il n'était inculpé de rien, a quoi bon rester ici ? Il quitta le commissariat ce jour-là. Et Josh Meyer ne fut que plus convaincu que cet homme était celui qu'il cherchait.

«Chapter six – New friend ; Bad news ?»
Les semaines qui suivirent furent assez étranges aux yeux de De-John. Plusieurs fois, l'homme vient dîner dans le restaurant où il était serveur. Il avait voulu se défaire du giron de son père et il avait commencé à travailler pour payer son appartement et ses dépenses, estimant le fait que son père paye ses études largement suffisant. Et encore, s'il en avait eu les moyens, il ne l'aurait pas laissé faire. Mais il n'était pas assez idiot pour prendre un crédit sur le dos alors qu'il entrait à peine dans la vie. Et puis, Matthew pouvait bien faire ça pour lui. Même si John rentrait régulièrement pour rendre visite à ses frères et à sa sœur – quand elle était là – il se bornait à se tenir loin de son père. Il n'avait qu'une envie depuis sa dernière année de lycée : lui mettre son poing dans la figure. Mais, pour protéger ses frères et pour éviter d'avoir à payer une somme pharamineuse, il se tut.

Josh restait donc au restaurant assez tard. Il travaillait sur des dossiers, feignant toujours d'ignorer que De-John était de service. Peu à peu, l'étudiant s'agaça et il finit, un soir, par s'installer face à lui. Ils discutèrent ce soir-là, jusqu'à pas d'heure. Et ils recommencèrent plusieurs fois dans l'année. Jusqu'à ce que Josh lui confie ses véritables intentions : il faisait partie d'une sorte de groupuscule secret qui aimerait le voir rejoindre leurs rangs. Attiré par le secret et la promesse de pouvoir changer le monde, De-John accepta. C'est Josh qui le convaincu d'abandonné l'étude des civilisations asiatiques pour faire médecine.

Quand il annonça cette nouvelle à son père, il s'attendait à de la colère ou de la déception. Ou, simplement, de l'ignorance. Mais Matthew eut l'air soulagé : son fils ferait quelque chose de sa vie. Et s'il ne reprenait pas le cabinet, il aurait un métier prestigieux. Ca n'améliora pas leurs rapports, mais De-John se sentit un peu plus libre.

Les années de médecine furent dures, très dures. Il réussit à entrer grâce à l'aide de Josh qui avait quelques contacts. L'université de Chicago accepta sa candidature et Josh lui trouva même un mentor pour l'aider à réviser et à étudier. De sorte que De-John parvienne à valider sa « licence » de biologie. Une fois qu'elle est dans la poche, il passe en école de médecine. Au lycée, le jeune homme avait brillé en science et en mathématique, ce qui l'a grandement aidé pour être accepté. Il a tellement travaillé que l'université aura accepté sa candidature sous condition : un faux pas et il était viré.

Il n'a pas fait de faux pas.

Travailleur acharné, il voulait réussir. Pour briller auprès de son père, de ses frères, de sa sœur. Mais aussi de Josh et de Karla. Karla, c'est l'étudiante que le commissaire à trouver pour le faire étudier. Karla n'est autre que la propre fille de Josh. La jeune femme a été obligée d'arrêter ses études suite à un accident qui l'aura privé de sa vue. De-John s'en fichait. Elle était belle avec ses longs cheveux bruns, ses yeux verts et ses taches de rousseur. Elle était belle et il tomba amoureux d'elle. Il n'a rien dit au début des années de médecine, il l'aura aimé et observé en silence pendant quatre ans.

C'était le jour de la publication des résultats au concours.
Il avait tourné en rond toute la journée dans son appartement, rongeant un à un tous les ongles se ses mains. Elle était venue lui annoncer elle-même. Elle frappa à la porte et il la fit entrer. Lorsqu'elle lui expliqua qu'il avait réussi, il n'y tint plus et la pris dans ses bras. Il l'embrassa sans la prévenir, sans se prévenir, sous le joug du bonheur. Si elle en fut surprise au début, elle ne le repoussa pas. Karla était une femme qui ne s'appuyait pas sur son handicap pour réussir ou non. Elle était forte et fragile à la fois, c'est peut-être ce qui attirait De-John. Ils commencèrent à sortir ensemble. D'abord en secret, ils ne savaient pas comment réagirait Josh. Finalement, John lui en parla de lui-même. Il ne voulait pas le lui cacher. L'homme, loin d'être contre, encouragea même leur relation. Quand il avait fait ses demandes de résidence en hôpital, Seattle lui répondit positivement. Karla n'avait rien qui la retenait à Chicago au niveau travail et elle pourrait travailler sur un projet qui lui tenait à cœur à Seattle. Ils s'installèrent ensemble après deux mois de relation. Si pour certains ça semblait rapide, pour eux, c'était normal. Ils avaient passé quatre années à vivre quasiment l'un avec l'autre pour que John réussisse sa médecine.

Au bout de deux ans de vie commune, John la demanda en mariage. Karla accepta et la noce fut célébrée durant le printemps. Ils étaient fous l'un de l'autre. Malheureusement, le bonheur ne dure qu'un temps.

«Chapter seven – Decline ; Rebirth.»
La résidence en médecine est une période de la vie d'un médecin qu'il n'oubliera jamais. Ce sont les premières expériences, le meilleur moyen de trouver un mentor, les premières opérations en solitaire, les premiers patients vivants à sauver. Et ça, c'est exceptionnel.

C'est en voyant son premier patient survivre que De-John a compris qu'il voulait faire ce métier. Il le voulait plus que tout. Ce n'était plus simplement un moyen de rejoindre les rangs, un moyen de s'intégrer ou de briller. Non, il s'était découvert cette vocation en soignant et en parlant aux gens. Un peu bourru aux premiers abords, De-John se révèle être un excellent médecin. Il est à l'écoute, il conseille, il amène ses patients à prendre la bonne décision. Il est formé par de très bons chirurgiens.

Dès les premiers mois, il se révèle être un bon élément, Josh avait vu juste lorsqu'il l'avait recruté. Il était ravi que ce jeune homme fasse non seulement partie de Charon, mais aussi de sa famille.

Sauf que, s'il y avait un élément qui lui était inconnu, c'était la situation du couple de sa fille. La demoiselle avait déménagé dans une ville où elle ne connaissait personne, elle avait épousé cet homme qu'elle aimait d'un amour tendre et pur, elle essayait de lui donner un enfant. Mais ça, elle n'y arrivait pas.

Ca faisait déjà un an qu'ils s'étaient marié quand la nouvelle tomba.

Inquiète que l'accident qui ait causé sa cécité ait également causé une stérilité chez elle, Karla avait été consultée. Effrayée, elle avait demandé à De-John de l'accompagner. Il allait avoir besoin de lui, terriblement besoin de sa présence. Karla était, d'apparence, une femme forte. Mais John avait appris également à aimer ses faiblesses et à apprivoiser une femme qui ne voulait pas les laisser paraître. Il était le seul à la connaître entièrement, peur et doutes compris. Et pourtant, ça ne suffit pas cette fois-là.

Le médecin qui revient dans le bureau avec les résultats de la jeune épouse était formel : tout chez elle fonctionnait parfaitement. Elle ne comprenait pas, à aucun moment, elle n'aura pensé à l'évidence qui pointait pourtant son nez dans l'esprit de John. Elle était en train de s'énerver contre le médecin quand, d'une voix calme, John demanda s'il lui était possible de passer des examens à son tour.

Elle se tourna vers lui, l'air surpris.
Il lui offrit un sourire mi-figue, mi-raisin.
Le médecin le pria de le suivre.

Les résultats ne tomberaient pas aujourd'hui.

Mais il apprit qu'il était stérile.

Et c'est ce qui aura tout foutu en l'air.

John est un être fier. Fier d'être ce qu'il était, fier d'être un homme, fier d'être américain, fier d'avoir été choisi par Josh, fier d'avoir épousé Karla, fier d'être chirurgien... Beaucoup trop fier. Pour lui, l'annonce de sa stérilité, c'est comme si on lui avait ôté une partie de sa virilité. Comme si on l'avait castré, émasculé. Très vite, la bouteille de scotch qui résidait au fond du bar de leur petit appartement fut vidée, une jumelle suivit le même chemin. Il était clean quand il allait bosser, il buvait quand il rentrait chez lui et il s'écroulait, ivre, sur le lit conjugal. Karla ne supportait pas la situation. Mais elle l'aimait trop pour le quitter, l'abandonner. Elle essayait de l'aider comme elle le pouvait. Mais elle ne pouvait rien faire. Elle n'était pas celle qui mettait leur couple en péril, elle n'était pas celle qui ne pourrait jamais lui donner de descendance. Non, elle était parfaite, comme toujours.

Finalement, il n'arrivait même plus à la regarder en face. En sortant de l'hôpital, il finissait directement dans des bars de la ville. Oh, pas les mieux famés. Il a d'ailleurs participé à quelques bagarres, s'en sortant toujours avant l'arrivée des flics. Karla ne disait rien, elle le soignait quand il rentrait, mais elle vivait la peur au ventre, bénissant finalement cet accident de l'empêcher de voir l'état dans lequel était son époux. Elle dormait seule dans leur chambre, maintenant. Lui était trop bourré pour quitter le canapé.

Une fois n'est pas coutume, c'est son meilleur ami qui lui secoua les puces.

«Chapter eight – Seattle ; Mayaku.»
Karla avait appelé Brad à l'aide six mois après qu'ils aient appris la nouvelle. Son meilleur ami n'en savait rien avant que le jeune médecin le lui balance à la figure. Il était en train de finir un clinicat en médecine générale, il était marié, il avait une belle vie. Pourquoi foutait-il tout en l'air ? Il y avait d'autre moyen d'avoir des enfants.

Tout ce que lui avait dit Brad cette nuit-là était vrai.
Mais rien de ce qu'il avait pu dire ne convainc l'homme.

Il promit néanmoins d'arrêter de boire et de se rendre à un groupe de parole pour essayer de trouver une solution à cette situation qui ne pouvait plus durer. Il le voyait bien qu'elle dépérissait jour après jour. L'éclat présent dans ses yeux quand elle était heureuse, la petite fossette sur sa joue quand elle riait, ce rire cristallin... Ils étaient tous aux abonnés absents. Et ça le déchirait. Parce que c'était de sa faute, entièrement de sa faute. Il voyait cette femme merveilleuse qu'il aimait plus que la vie elle-même se morfondre pour un raté et un abruti comme lui.

L'idée vint progressivement. D'abord, l'un de ses mentors lui glissa quelques mots. Des mots qui le rassurèrent : il était toujours en état de travailler correctement.

Il lui fallut du temps pour réfléchir. Il s'arrangeait toujours pour ne rentrer qu'une fois qu'elle était couchée, pour ne pas voir cet air sur son visage qui voulait tout dire. Oh, elle avait beau être aveugle ses expressions faciales étaient criante de vérité. Si elle mentait, ça se voyait. Parfois, Karla était debout. Elle l'attendait, inquiète. Ces soirées-là finissaient toujours en dispute. Des mots qui dépassaient les pensées, qui blessaient, qui faisaient couler les larmes salées sur les joues rebondies de cette femme magnifique.

Ces soirs-là, De-John s'en voulait encore plus.

C'est pour ça qu'il a pris cette décision.

Pour la protéger.

Il l'avait promis, un jour, alors qu'ils marchaient seuls tous les deux le long du port, qu'il ne lui ferait jamais de mal. Il lui avait promis de l'aimer jusqu'à la fin de ses jours. Il lui avait promis d'être l'homme qui la rendrait heureuse jour après jour, qui l'empêcherait d'arrêter de sourire. Et il lui avait promis que s'il devenait un gros con, que s'il s'avançait à ressembler à ce père qui avait été si absent de son enfance, alors il la quitterait. Que c'était la seule chose qui lui ferait rompre toutes les autres promesses. Mais que, si elle acceptait cette condition, alors il voulait l'épouser. Il voulait qu'elle soit la femme de sa vie, celle pour qui il avait toujours vécu et respirer.

Elle avait dit oui.
Ils s'étaient mariés.
Aujourd'hui, il fallait tenir cette dernière promesse.

Il se souvenait de ces beaux moments passés ensemble. Ce voyage ensemble à San Diego pour découvrir la Californie. Approcher du Mexique, de Tijuana où ils avaient passé deux jours à flâner dans les rues escarpées de la ville. Ils avaient acheté une piñata qu'ils avaient entreposée dans leur appartement. Et, justement, la visite de l'appartement. La bataille pour savoir comment seraient aménagées les pièces. Le lit à gauche, mais non en face de la fenêtre, mais tu n'y penses pas chérie, tout le monde pourra nous voir faire l'amour. Le rouge teintant les jours de sa promise et le sourire en coin de l'agent immobilier, chassé rapidement par un regard noir lancé par De-John. Jaloux Légèrement. On ne touche pas ses biens. Surtout sa belle. Il était le seul autorisé à poser un regard aussi chaud sur sa femme. Et puis, il y avait eu la première fois, tous les deux, dans cet appartement. Leur première fois. Ils avaient baptisé leur futur lieu de vie, allongés sur une immense couverture, ils avaient consommé leur amour passionné avec douceur et tendresse. Oh, je pourrais continuer longtemps à énumérer tous les beaux souvenirs qu'ils se sont faits. Il y a eu ce weekend ou son supérieur avait renvoyé De-John chez lui parce qu'il avait fait trop d'heures et qu'il avait emmené Karla au Canada pour la surprendre. Ils s'aimaient, toujours, partout ou ils allaient et dans chaque occasion qu'on leur donnait. Alors pourquoi est-ce qu'ils n'arrivaient pas à surmonter ça ? Pourquoi leur amour n'était-il pas plus fort que cette fichue nouvelle ? Peut-être que ça n'avait rien à voir, après tout. Peut-être que ce sentiment d'infériorité qui avait toujours habité John s'intensifiait au contact que Karla, qu'il se sentait de plus en plus coupable et qu'il n'arrivait pas à gérer ses propres sentiments. Alors il la blessait, pour qu'elle souffre autant que lui. Mais il n'avait rien besoin de dire pour que ce soit déjà le cas. Elle avait mal pour lui, pour eux. Elle aurait voulu tout réparer.

Pourtant, il suffit d'un an et quelques mois pour détruire ce qu'ils avaient construit. Pour anéantir deux ans de mariage, quatre ans de relation et huit ans d'amitié. Ils perdaient tout ce jour-là.

«Chapter nine – Just listen, because I loved you.»
Elle rentrait du petit restaurant qui avait récemment accepté de l'embaucher. Elle n'en pouvait plus de rester chez elle à ne rien faire. Comme toujours, elle ouvrait la porte. Elle posait ses clés sur le petit meuble et accrochait son sac au porte-manteau. Mais, il y avait quelque chose à la place du sac ce jour-là. Un tote-bag léger dans lequel elle trouva un magnétophone. Elle s'installa sur le canapé. Ses gestes étaient maîtrisés. Elle savait ou se trouvait chaque chose et si chaque chose restait à sa place, il n'y avait aucune raison qu'elle ait besoin d'une canne ou d'un chien à l'intérieur de son propre appartement. Elle tâtonna quelques secondes avant de trouver le bouton ou un symbole lecture était gravé. Elle appuya dessus de toutes ses forces et la voix rauque de son mari retentit dans son salon.

« Karla, mon amour. Je suis désolé. J'aurais aimé écrire, mais... Tu saurais aussi bien que moi que ça ne serait pas une bonne idée. Alors me voilà à parler seul à mon microphone.

Je suis désolé, ma chérie. Toute cette situation est de ma faute. Si tu savais à quel point je m'en veux. De ne pas savoir te donner un fils, ou une fille, je n'avais aucune préférence. D'avoir été ce sale con pendant près d'un an et demi. Je te l'avais promis, tu te souviens ? Que si je devenais un abruti, je partirais. Non, ne t'énerve pas chère ange, s'il te plaît. Laisse-moi finir.

Je suis tombé amoureux de toi au premier regard, Karla. Je t'ai aimé immédiatement et sans limite. Je t'ai aimé secrètement pendant quatre années. Autant parce que je voulais avoir ma médecine que parce que je ne voulais pas me ridiculiser. Tu étais plus âgée que moi, après tout, qu'elle certitude avais-je que tu serais intéressée. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, quand je t'ai donné notre premier baiser. Mais j'ai senti mon cœur s'emballer quand tu m'as répondu. Oh, si tu savais, comme tu m'as rendu heureux ce jour-là. Et ça n'a pas arrêté depuis.

Tu as toujours œuvré pour mon bonheur et j'ai toujours fait en sorte de t'aimer comme au début. De t'aimer avec cette passion qui nous animait. Qui nous faisais nous sentir vivants. Tu sais que je n'ai jamais aimé personne avant toi ? Tu le sais n'est-ce pas ? Oh, j'ai eu des petites-amies, des petits-amis aussi, mais tu as été la seule qui a été en mesure de me voler mon cœur. De le prendre et de l'enfermer à l'abri à côté du tien. Je sais que j'ai volé ton cœur aussi, tu me l'as déjà dit. Et je te crois. Sauf que je ne l'aie pas protégé comme j'aurais dû le faire. J'ai cogné dessus de toutes mes forces avec une massue de plusieurs tonnes et je l'ai fissuré.

Aujourd'hui, je vais juste l'exploser – Oh merde. Cette lettre me saoule. On dirait pas que c'est moi.
»

Un froissement de papiers se fit entendre. Fébrile, Karla attrapa un oreiller qu'elle calla sur ses genoux. Elle posa le microphone sur la table et posa la tête contre le dossier du canapé, serrant le coussin dans ses bras.

« Je suis un idiot, tu sais. J'avais tout pour moi. Mais aujourd'hui, je le vois. Je vois que je te fais du mal. Que je te rends triste. Que tu ne souris plus, que tu ne ris plus. Quand tu le fais, tu te forces. Je t'entends pleurer la nuit, tu sais. J'ose pas entrer parce que je sais que je ne pourrais pas apaiser ta peine, ou que la consolation durera le temps de la nuit avant que je ne m'en aille. Je suis désolé, Karla. Désolé d'être un pauvre con. Finalement, c'est pas si mal que j'puisse pas faire de mouflet. Ça m'évitera d'leur filer ce gêne de merde. »

La première larme roula sur la joue de la jeune femme. Pourtant, un sourire étirait ses lèvres fines. Il s'excusait. Tout allait aller mieux maintenant, n'est-ce pas.

« Cette lettre, tu sais. Elle est pas anodine. Je veux te dire quelque chose. Quelque chose que j'aurais été incapable de dire devant toi.

Je m'en vais, Karla.
»

La prise sur le coussin se fit lasse.

« Le Docteur Specter a eu une opportunité d'emploi dans un autre pays. Et, tu sais, j'ai toujours voulu faire un clinicat de traumato. Je le voulais comme mentor. Il m'a proposé de partir avec lui. Je ne l'aurais pas fait si... »

Une seconde larme roule sur la joue rosie par le froid de la jeune femme. Puis une troisième. Et un torrent suit.

« Si tout avait été bien entre nous. »

Elle balança l'oreiller au travers de la pièce, furieuse.

« T'énerve pas, mon amour. J'le fais pour toi. J'te rends malheureuse. J'le sais, ne me mens pas. Ne te mens pas. Aujourd'hui, tu seras mieux sans moi. Ton père aussi est d'accord avec ça. Oui, Josh m'a poussé vers la sortie, tu sais. Il a vu que rien n'allait plus entre nous. Il l'a vu dans tes yeux quand tu l'as vu la dernière fois. T'avais pleuré, Karla. À cause de moi. Et j'supporte plus que tu te détruises peu à peu à cause de moi. Alors j'vais partir. J'te dirais pas ou. Ton père pourra m'contacter en cas d'urgence, mais... S'te plaît, Karla. Essaie pas d'me suivre. Essaie pas d'me retrouver.

J't'aime mon ange. Depuis toujours et pour toujours.
»

Elle avait fondu en larmes. Elle sanglotait sur son canapé, les bras croisés sur ses genoux. Il lui avait volé son cœur et l'avait explosé en petit morceau. Mais il l'avait gardé avec lui. Et elle avait mal.

«Chapter ten – Goodbye my lover ; Goodbye my friend.»
Comment pouvait-on respecter les volontés d’un homme qu’on aime plus que tout et qui vous demande d’abandonner l’idée de le revoir un jour ? Elle l’aurait détesté, c’aurait été facile. Mais elle l’aimait. Et il avait été gentil avec elle. Elle avait voulu faire appel à un détective privé. Son père le lui avait interdit. De cette voix sombre et dure qu’elle ne savait contredire. Il n’était pas question qu’un détective mette le nez dans les affaires de Charon. D’autant que Penta lui avait demandé de tenir Karla à distance et qu’il était d’accord avec le fait qu’il en était venu à les détruire à petit feu. Elle avait cherché, d’abord, depuis l’hôpital ou elle avait demandé où ils étaient allés. Mais, là encore, John avait pris les devants. Il avait précisé que cette information ne devait pas circuler en dehors de l’hôpital. Et même si c’était sa femme qui le demandait. Si bien que Karla dû se résoudre à abandonner ses recherches.

De son côté, De-John foula pour la première fois de sa vie le sol nippon. Il avait des restes de langue de ses études mais l’adaptation allait être compliquée. Il débuta son installation à Mayaku par des cours du soir avec un professeur anglais qui lui appris tout ce qu’il put sur la culture et la langue japonaise. Ces cours avaient lieux quatre fois par semaine de seize à vingt heures. Ça aurait pu rendre son clinicat caduc mais il s’accrocha. Il n’avait jamais eu besoin d’énormément de sommeil mais, depuis qu’il vivait seul, c’était encore pire. Il détestait cette solitude latente qui envahissait son appartement et son esprit dès que le soleil se couchait. Alors il préférait s’occuper de la traumato des nouveaux arrivants aux Urgences.

Son appartement était situé dans l’ouest dans la ville, il n’a pas bougé depuis. C’est un pied-à-terre qu’il n’utilise que pour dormir et se doucher. Parfois, il ramène des femmes ou des hommes quand il se sent réellement trop seul. Mais il n’est jamais très présent dans cet appartement. Pourtant, il l’adore et il n’en changerait pour rien au monde. Si le loyer est un tout petit peu cher, son salaire de médecin associé à la jolie prime que son cher père lui a donné avant qu’il ne quitte le pays lui permet sans souci de l’occuper. L’appartement donne sur une pièce d’une trentaine de mètre carré, comportant une cuisine et un salon-salle à manger plutôt bien éclairé. Une porte, sous l’escalier, mène à une petite salle de bain composée d’une douche, d’un toilette et d’un lavabo. Cet escalier mène à une mezzanine sur lequel il a installé un bureau avec une bibliothèque et, séparé d’un paravent, sa chambre composé uniquement d’un lit et d’une penderie. Le mobilier provient tout droit d’un distributeur de meuble facile à monter d’origine suédoise. Les tons sont simples, boisés et blanc. Les rideaux rouges et les draps voguent entre les deux couleurs. Il y est bien. Il est petit mais il lui suffit amplement pour les maigres heures de sommeil qu’il s’octroie.  

En arrivant là-bas, il a refait sa vie. Brad a essayé de le contacté par mail, il a répondu brièvement. Il avait besoin de se poser, d’oublier définitivement sa vie d’avant. Mais son ami et ses frères étaient très importants pour lui. Il a toujours fait en sorte de les aider, de les protéger. Clifford avait entamé des études de droit pour être avocat à son tour, faisant alors briller les yeux de leur père. Russel, quant à lui, avait mal tourné. Il avait commencé à fréquenter un gang de la ville, des irlandais. Drogue et alcool rythmait sa vie. Et si John avait fait des descentes dans l’appartement qu’il habitait dans les tréfonds de Seattle pour botter le cul de son frère, il se sentait impuissant face à sa détresse. Quelque chose s’était passé dans la vie de Russel qui avait fait de lui ce qu’il était maintenant. Et cette chose avait échappé à John. Il l’avait menacé de le faire mettre en taule s’il ne continuait pas. Mais il avait des doutes quant à la circulation de drogue en prison. Clifford avait beaucoup hérité de leur père. Il s’était désolidarisé de Russel dès que celui-ci avait commencé ses frasques. Ils avaient beau être jumeaux, ils étaient très différents. Si Cliff avait pris à sa mère son physique doux et rassurant, il était une très belle imitation caractérielle de leur géniteur. Russel avait pris le physique droit et franc de leur père, il était très fragile mentalement. Il s’était laissé entraîner par des types plus influents qui avaient parfois utilisé le jeune homme comme bouclier pour éviter les condamnations. De-John avait toujours fais tout ce qu’il avait pu pour le protéger. Mais une fois parti à Chicago, ça avait été différent. Et la fac qu’il aura fait, seul, à Seattle, aura fini de l’assommer. Kathryn, quant à elle, excellait. Elle était fiancée à un de ses collègues mais elle le fuyait : le mariage l’effrayait. Alors elle retournait bien volontiers avec l’une de ses ex de temps en temps pour « relâcher la pression. »

Il continue donc de leurs donner des nouvelles et de prendre des nouvelles.

«Chapter eleven – Evolution in unknown environment.»
Si les années entre l’université de Chicago, l’hôpital de Seattle et les réunions de Charon avait habitué De-John à être dépaysé, il n’était pas habitué à apprendre une nouvelle coutume pour en faire sa vie quotidienne. Son professeur de culture et langue japonaise à Mayaku devint, finalement, bien plus proche de lui. Oh, il lui fallut un moment. Presque dix-huit mois. Dix-huit mois durant lesquels il n’avait aucun intérêt pour le monde autour de lui. Dix-huit mois ou les seules pensées qui l’accompagnaient étaient le fait de sauver des vies, de dormir et d’oublier.

Oublier Karla, sa chaleur, son sourire, son rire et sa joie de vivre. Oublier sa descendance à laquelle il n’avait jamais pensé avant son mariage mais qui, depuis, lui avait tout enlevé. Oublier cette vie qu’il avait adorée auprès d’une épouse aimante et fidèle. Oublier le fait qu’il ne remettrait plus jamais les pieds aux États-Unis. Il avait promis à Kathryn d’être là pour son mariage mais il savait que Karla était l’une des demoiselles d’honneur et il n’aurait pas la force de l’affronter si tôt.

Surtout que rien n’était résolu.

A Mayaku, il établit une routine bien huilée. Il effectuait ses heures de travail de la journée après lesquelles – ou durant lesquelles – il se rendait à ses cours du soir. Ces cours se terminaient pas une virée des bars – avec ou sans son professeur – dans lesquels il restait suffisamment longtemps pour s’écrouler dans son lit pour quatre heures en rentrant. Puis, il se levait, prenait une douche et retournait au boulot. Et ça, tous les jours. Il faisait néanmoins attention à gérer la dépendance qui lui pendait au nez. Il était hors de question qu’on lui ôte son métier pour ivresse sur la voie public ou addiction à l’alcool. Tant qu’il avait de l’alcool dans le sang, il évitait les opérations. Et il n’examinait jamais un patient seul, un interne était toujours présent. Et même s’il ne comprenait pas tous les mots de la langue, il finissait par s’en sortir avec un petit traducteur assez perfectionné qu’on lui avait prêté à son arrivée ici. Et puis, il n’était jamais très loin de son mentor qui finissait toujours par se transformer en traducteur : sa femme était japonaise et il avait, depuis dix ans, appris à parler couramment la langue de son épouse.
Durant ces trois années, il fut un étudiant irréprochable.
Le Docteur Specter pu aisément lui laisser les rênes de plusieurs cas et de plusieurs patients qu’il traita avec perfection. L’homme fini même par quitter Mayaku pour retourner vers Tokyo ou sa femme avait eu un poste plus intéressant pour tous les deux. Il se retrouva donc à la tête du service traumatologique de l’hôpital de Mayaku quatre années après avoir obtenu son diplôme.
Alexander Michells, son professeur de japonais, devint peu à peu son amant. Il était très différent de Karla. Pour commencer, c’était un homme. Un grand blond plutôt très musclé qui n’avait aucun souci à se laisser soumettre par son partenaire au grand plaisir de De-John qui avait quelques scrupules à le laisser visiter cette partie très intime de son anatomie. Trop intime pour quelqu’un qu’il ne voyait que de temps en temps pour combler la solitude. Alex fini par lui demander de venir avec lui en Angleterre. John refuse catégoriquement. Il veut rester au Japon, c’est bien un des derniers pays ou Karla essayera de le chercher. Et puis, il n’est pas amoureux d’Alex. Le professeur repart dans son pays seul et John se met un coup de pied aux fesses. Il est là depuis quatre ans, il doit passer à autre chose.

C’est d’autant plus simple lorsqu’il reçoit une enveloppe de la part de Josh. Les mots de son beau-père et ami sont toujours chaleureux. Mais il est désolé. Karla a avancé. Elle a refait sa vie et souhaite se remarier. L’enveloppe contient les papiers du divorce.

De-John les laisse traîner dans son appartement pendant deux mois. Deux mois durant lesquels il enchaîne les conquêtes, hommes, femmes, transsexuels, prostitués. Il se fiche pas mal de ce qu’il se passe dans son lit. Il n’est même pas rare de le voir dans les backrooms de bar gay, dans des clubs de striptease de certains quartier de l’Est. Mais il ne boit plus, et c’est peut-être la nouvelle la plus compliquée à décryptée. D’un côté, elle peut-être bonne. Il est toujours apte à travailler, il n’a aucun souci de mémoire et il ne risque pas de se réveiller avec une gueule de bois. Mais il sait aussi exactement tout ce qu’il fait. Il n’est pas enivré par l’alcool quand, durant ces seize semaines, il s’abandonne aux bras d’hommes et de femmes, parfois tous en même temps. Il a l’impression de faire autant de peine à Karla qu’elle lui en fait. Ou alors, est-ce qu’il ne se punit pas de ce qu’il a mis en route ? Alors qu’il n’aime toujours qu’elle, Karla a refait sa vie. Et ça lui brise le cœur.

C’est à cette période-là qu’il noircit les pages d’un document qu’il n’aurait jamais voulu voir.
Suite plus bas - Toujours UC...

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Ven 3 Avr - 15:23


Histoire - suite


«Chapter twelve – Be wild ; Be kind.»
Ca faisait approximativement quatre mois qu’il avait reçu la demande de divorce et qu’il n’y avait pas touché. Il voulait la faire attendre. Et il n’arrivait pas à signer. En dehors, il était heureux. Il était bon vivant. Il mangeait bien, buvait modérément, avait  une activité sexuelle et sociale convenable et des performances professionnelles absolument parfaites. Tout lui souriait alors pourquoi était-il incapable de signer ces fichus papiers ? C’est ce qui le mettait dans tous ses états.

Ce jour-là, il venait d’effectuer une garde de vingt heures, il n’avait pas mangé depuis dix heures et n’avait pas pu prendre de douche. Une ambulance arriva avec, à son bord, une adolescente de dix-sept ans. Le genre de petite japonaise incapable d’assumer sa nationalité. Elle avait une tonne de fond de teint sur le visage, ses cheveux avaient virés au châtain-roux, elle portait des lentilles de contact bleues et possédait quelques tatouages sur le bas des reins. Elle était là parce qu’elle avait fait une overdose. Le chef des urgences n’était pas là, il avait pris les choses en mains pour soigner la demoiselle. L’homme qui l’accompagnait était resté en salle d’attente à jouer sur son smartphone, pas l’air inquiet pour deux sous. Une fois la jeune femme hors de danger, De-John s’était rendu près de son « petit-ami » pour l’informer que sa compagne était saine et sauve. L’homme lui a répondu que c’était cool pour elle, qu’il avait eu peur que « cette pouffiasse siliconée lui gâche la vie avec une petite pilule de rien du tout. »

Il choisit d’ignorer la remarque et de retourner au chevet de sa patiente, priant l’homme de rester là pour quelques papiers à signer. Des décharges.

C’était la procédure, dans ces cas-là, de se renseigner pour savoir comment une mineure avait pu faire une overdose. C’était grave, elle aurait pu en mourir si elle n’était pas arrivée à temps. La jeune fille sembla prendre conscience de la gravité de la situation et expliqua à John que l’homme qui l’avait accompagné était un type qu’elle voulait séduire. Qu’elle s’était faite belle pour lui, qu’elle avait acheté de nouveaux vêtements, du maquillage, du parfum, tout ça pour qu’il s’intéresse à elle. Alors, quand il lui avait dit que si elle prenait ce cachet, il sortirait avec elle, elle n’avait pas hésité.

Un instant, l’image de Russel se superposa à celle de la jeune fille.
Et il vit rouge.
Il quitta la pièce en claquant la porte et retourna en salle d’attente.
Et pour la première fois de sa vie, De-John perdit patience.

Il avait six ans de plus qu’elle, il connaissait très bien les effets de la drogue sur les ados. Et Penta ne supportait pas ces histoires de drogue depuis qu’il se battait pour essayer d’en faire sortir son frère. Alors, quand le type se leva pour lui demander s’il pouvait partir, une nana l’attendait, il eut pour unique réponse le poing de De-John dans sa mâchoire. Oh, il n’est pas un grand violent d’habitude. Mais il avait été la goutte d’eau pour ce jour-là. Les coups s’enchaînèrent des deux côtés et Penta en pris autant que son adversaire. Ils eurent tous les deux le droit à quelques points de suture et le type gagna une côte fissurée. Penta s’en sortait bien.

Enfin, physiquement.

Il fit promettre à sa patiente de ne jamais plus retoucher à la drogue, même pour séduire un homme, et la sécurité le mis dans la voiture de police qui allait le conduire dans une cellule pour la nuit. Sa victime portait plainte pour coups et blessures.

C’était Josh qui était en face de lui quand il ouvrit un œil le lendemain matin après avoir somnoler quelques heures sur la couchette inconfortable de la cellule. Il grogna en voyant son ami et se redressa. La caution fut payée et il le ramena chez lui.

― J’étais venu chercher des papiers qui tardent à me revenir et je te retrouve en taule. A quoi tu joues ? Tu veux foutre en l’air ta carrière ?
― Lâche moi la grappe tu veux !
― Non. En dehors de ta carrière, tu veux qu’on t’expulse, Penta ?

Un silence répondit à cette question. Il aimait être le type qui bossait dans une société secrète. Et, plus que ça, il se sentait utile. Il avait l’impression de pouvoir changer les choses.

― Tu vas me signer ces papiers et tu vas partir un moment le temps que tout ça se tasse. Tu ne seras pas viré, je ferais ce qu’il faut. En attendant, tu fais profil bas. J’ai une mission pour toi si tu veux.
―  Pas besoin, Jude.
― Ça vient d’Aw.
―  Okay… J’ai compris. J’irais.

«Chapter thirteen – Genesis.»
Officiellement, il y avait un séminaire très intéressant d’une traumatologue renommée en Norvège qui l’occupait là-bas pour un petit mois. Officieusement, il était là-bas pour voir et se renseigner sur les capacités d’une femme. Enfin, ses capacités n’étaient plus à prouvées pour Aw. Mais Penta ne voulait pas approcher cette demoiselle sans aucune fichue raison. Alors il l’avait un peu étudiée jusqu’à ce qu’elle manque de lui enfoncer son talon aiguille dans les bijoux de famille. Bien qu’ils ne fussent plus très utiles à la société, Penta appréciait tout de même de les avoir en état de fonctionnement.

Elle s’appelait Adèle et elle finissait tout juste des études de commerce. Penta avait compris le système depuis bien longtemps. Aw avait besoin des meilleurs dans tous les domaines pour contrôler une ville ou un pays. Et cette personne-là était importante pour le côté financier de la chose. Il lui fallut bien quelques jours pour la convaincre que ce n’était pas une farce, pas une caméra cachée et que l’organisation existait belle et bien. A la fin de son séjour en Norvège, Genesis accepta d’accompagner Penta à Mayaku. Il n’aura jamais su les raisons de son acceptation mais il était ravi. Il avait vraiment travaillé de sorte à ce qu’elle les rejoigne. C’est lui qui lui a appris son surnom, Genesis. Il n’avait pas compris tout de suite à quoi faisait référence son alias et celui d’Adèle.

Très vite, il se lia d’amitié avec elle en dehors des réunions de l’organisation. Oh, elle avait essayé de le séduire, de le mettre dans son lit au début. Peut-être pour lui soutirer plus d’information en essayant de lui faire croire qu’ils avaient une vraie relation. Mais John n’avait pas mordu. Il avait beau avoir signé les papiers du divorce, il aimait toujours Karla et il avait toujours du mal à se laisser amadoué par une autre femme. Surtout avec les intentions aussi claires d’Adèle. Et puis, elle ne lui plaisait pas. Elle était trop tape à l’œil pour lui. Il s’est pris une gifle quand il le lui a dit. Et le lendemain, Adèle riait avec lui comme si rien ne s’était passé. Il appréciait cette femme et savait qu’il y avait quelque chose à percer sous cette carapace. Et c’est exactement pour ça qu’il continuait de la côtoyer même s’il s’avait particulièrement qu’elle était manipulatrice et vicieuse. Et puis, il espérait qu’à mesure du temps passé ensemble, elle cesserait de vouloir se servir de lui et qu’elle le considérerait comme un véritable ami. Il a toujours un doute à ce sujet mais qu’importe, il ne saura jamais vraiment le fin mot de l’histoire, n’est-ce pas ?

Quant à son altercation avec Mr. JeDrogueUneAdo, aux oubliettes.

Enfin, presque. Il avait dû payer une amende de 129 923.500 Yens à l’homme et possédait maintenant un magnifique casier judiciaire. Il avait également une note dans son dossier professionnel et pouvait se faire virer à tout moment s’il faisait de nouvelle une bêtise.  Il savait qu’il devait ces moindres mesures à Charon, il aurait pu perdre beaucoup plus que 1080$. S’il avait, à présent, un casier judiciaire, ce n’était pas suffisant pour lui faire perdre son emploi. Il avait toujours été un travailleur né et son patron s’en était rendu compte. Tout comme le fait qu’il n’aurait pas dû être dans l’hôpital depuis aussi longtemps à l’heure des faits.

Mais tout irait bien. Il n’aurait plus de surprise comme une demande de divorce maintenant. Et puis, il n’avait plus de mariage à effectuer. Cliff et Kathryn s’étaient mariés tous les deux et Russel était toujours en centre de désintoxication. Il ne s’était rendu à aucun de deux mariages – ni même à la noce de Brad avec un homme un brin plus vieux que lui – mais il avait envoyé fleurs et présent tous droit venu du pays du soleil levant. Son frère ne lui avait plus adressé la parole et Kathryn continuait de le lui reprocher dans chaque mail qu’elle lui envoyait. Et Brad avait été peiné mais il avait compris. Le silence de Clifford lui faisait mal mais que pouvait-il lui reprocher ? Il avait tout à  fait raison. Mais, comme si ça arrangerait les choses, il lui envoyait un mail hebdomadaire pour lui raconter les nouveautés de sa petite vie. Il taisait, évidemment, ses actions sous Penta, mais tout ce que John faisait était plus ou moins retranscrit dans ces mails.

Un jour, il retournerait aux USA pour aller enlacer ses frères et sa sœur. Parce qu’il les aimait profondément et que la protection qu’il avait pu leur apporté alors qu’ils étaient enfant s’était effrité en grandissant. Oh, De-John avait toujours été le frère protecteur. Mais il avait été maladroit et il avait eu ce besoin d’éloignement perpétuel. Ce besoin de fuir. Et revenir quatre ans à Seattle n’avait pas été suffisant pour ressouder définitivement les liens.

Et puis, il se formait peu à peu une famille dans ce nouveau pays. Il y avait Genesis dans un premier temps, Inko-san, le patron de son bar préféré. Et puis, il y aura aussi Levy.

«Chapter fourteen – Leviticus.»
Durant les deux années suivantes, Penta s’est contenté d’aider Genesis à entrer dans Charon. Enfin, à comprendre le fonctionnement de l’organisation. Elle apprend vite et lui met parfois la pâtée dans certains petits jeux qu’ils se sont amusés à mettre en place entre eux. Il l’apprécie énormément et il sait qu’elle sera une alliée fidèle. Dans son travail et dans ses obligations au sein de Charon, De-John s’illustre parfaitement. Il est un médecin très apprécié de ses patients et son travail acharné n’a fait que lui ouvrir des portes. Si bien que le petit incident qui l’aura conduit à avoir un casier judiciaire est oublié de tous.

Quant à sa relation avec Karla, elle avance. La jeune femme, une fois les papiers du divorce en main, a refait sa vie. Elle est à présent mariée avec un magnat de la finance que lui a présenté son père. Elle travaille toujours sur un projet de centre pour jeunes aveugles. Ces personnes qui n’étaient pas nés avec une cécité et qui pourraient trouver conseils et réconforts dans le centre que la jeune femme avait monté. Penta ne prenait pas de nouvelle, il n’en avait pas encore le courage. Et il valait mieux pour le moment, parce que la jeune femme venait d’annoncer à son père qu’elle était enceinte : ça n’aurait fait que mettre un coup de plus au moral vacillant du médecin.

Quant à Penta, deux ans après avoir signés ces papiers, il s’autorisa une relation suivie. C’était un homme, un jeune serveur du bar d’Inko. Il s’appelait Dai Yamasuka et était le type même du japonais : passe-partout. Pourtant, John lui trouvait du charme. Il n’était pas très grand, plutôt bien bâtit, des cheveux noirs mi-long qui recouvraient ses oreilles et des yeux très noirs. La plus part du temps, il arborait une expression très froide et très distante. Mais, quand il était avec De-John, il se déridait un peu et paraissait plus chaleureux. Il n’aura pas été très compliqué de le faire tomber amoureux de l’américain.

C’est peu après le début de leur relation que Penta fut envoyé en Israël pour recruter un nouveau membre. Il s’appelait Adam Bloom et son alias serait, dès maintenant, Levy. Il ne fallut pas longtemps à Penta pour faire le rapport entre leurs trois alias et il s’en amusa auprès du hackeur à leur première rencontre. L’approche fut beaucoup plus simple qu’avec Adèle. Il lui rappelait Russel. Il sut rapidement trouver les mots pour lui parler et, une semaine après son arrivée, Adam et De-John passaient les portiques de sécurité de l’aéroport de Mayaku.

De manière générale, Adèle et Adam étaient devenus sa famille à Mayaku. Sa fratrie biologique lui manquait mais il avait compris qu’ils pouvaient vivre sans lui. Quand bien même, il continuait de prendre de leurs nouvelles régulièrement, le plus souvent par le biais de Brad qui réglait maintenant le divorce de Kathryn. Clifford continuait d’excellé et De-John se jura d’aller le voir quand il aurait des enfants pour lui mettre un coup de pied au cul s’il agissait comme son père. Quant à Russel, il était sorti de centre de désintoxication et avait débuté une formation de comptable pour garder les pieds sur terre. Penta lui avait envoyé un long mail dans lequel il lui expliquait qu’il était fier de lui et qu’il pourrait venir le voir dès qu’il le désirerait. Russel était le seul qu’il intégrerait sans hésiter dans sa vie japonaise. Bien qu’il soit un brin effrayé de voir Adèle essayer de le manipuler, celle-ci lui jura qu’elle ne poserait un doigt sur son frère que pour lui faire du bien. Inutile de dire que ça ne le rassura pas le moins du monde.

La relation de Penta et Levy est plutôt fusionnelle. C’est différent d’avec Adèle. Il est plus jeune et sa façon d’être réservé le rend timide et atteignable. Il fait ce qu’il peut pour le protégé. Ils parlent beaucoup, de tout et de rien, et Penta encourage grandement la carrière de son protégé. Autant dans le spiritisme – qui un très beau cadeau à ses yeux – que dans l’informatique. Il aimerait que le plus jeune se contente d’une occupation, d'une passion, plus légale mais, si Charon l’a recruté pour cette part de sa vie, il n’a pas à interférer.

Quant à Dai, leur relation aura durée seulement deux ans. L’arrivée de Levy dans leur vie aura éveillé la jalousie du japonais, persuadé que John le trompait avec l’israélien. Dai aura reproché à l’américain sa non-envie de passer à l’étape supérieure – à savoir vivre ensemble – et ses excuses pour rester à une relation qui se résumait à coucher ensemble, manger un morceau de temps en temps et sortir, parfois, lorsqu’il faisait beau. Agacé de la soudaine attitude enfantine de son petit-ami, De-John aura rompu. Il pouvait comprendre la jalousie qui l’habitait mais il ne pouvait pas la supporter. Le fait qu’ils aient été promus « Tête de pays » tous les trois les avaient obligé à passer encore plus de temps ensemble, ce qui avait fini  par détruire son couple.

«Chapter fifteen – Be a king.»
Il venait d’avoir trente-sept ans lorsque deux événements se suivirent dans l’année.

Le premier intervint très précisément le 05 avril 2009. Il fut invité par le chef de chirurgie dans son bureau. L’homme lui annonça que le chef du service de traumatologie prenait sa retraite et qu’il lui fallait un remplaçant. Quand on lui avait demandé à qui il pensait, son chef direct avait prononcé son nom. Il y avait un autre concurrent en lice, plus expérimenté mais avec un égo surdimensionné.  Il leur fallu deux mois pour savoir lequel des deux aurait le poste et, à 37 ans, Penta dirigea le service de traumatologie de l’hôpital de Mayaku. Il était, en parallèles, un chirurgien urgentiste très apprécié de tous. Avide de plaisanterie et de blagues en tout genre, il s’arrangeait toujours pour faire rire ses patients et leur rendre le sourire. Et s’il avait de mauvaises nouvelles à annoncer, alors il utilisait à merveille l’empathie dont il était pourvu pour réconforté du mieux qu’il le pouvait les familles.

Peu après sa promotion professionnelle, Josh s’invita chez lui pour une petite semaine. Comme il était son mentor, il était chargé de lui annoncer une autre grande nouvelle. Au cours des prochains jours, une cérémonie allait se tenir au sein de la branche japonaise de Charon pour introniser trois nouvelles Têtes pour le pays. Il s’agissait de lui et de deux de ses protégés. Depuis qu’il était au Japon, Penta avait non-seulement été cherché Levy et Genesis, mais il ne s’était pas arrêter à eux. Il profitait de chacun de ses jours de congés pour sillonner le net à la recherche de membre potentiels et, dès qu’il pouvait bouger, il allait les rencontrer. Il ne découvrit que le jour J que les deux autres Têtes de Pays seraient ses amis les plus proches. C’était un choix stratégique plutôt logique. Il connaissait Levy depuis un an, Genesis depuis trois ans et ils s’entendaient tous à merveille. Il était plutôt sûr qu’aucun des deux ne le trahirais et il savait qu’il ne trahirait personne.

Inutile de dire que cette année marqua une avancée considérable de son statut social. Pourtant, De-John ne changea pas. Il était toujours adorable, cordiale et poli avec les gens. Il souriait de nouveau comme lorsqu’il était adolescent. Il ne s’est pas débarrassé de ses démons, loin de là. D’ailleurs, durant le voyage de Josh, il tomba sur une photo de l’homme et son petit-fils sur son téléphone. Et l’effet fut immédiat. Une bouteille de whisky finie sur dans la poubelle et il passa quinze jour à sillonné les backrooms et les clubs miteux. Mais il n’était pas seul cette fois. Et Adèle lui envoya son pied dans le derrière si fort qu’il n’aura pas pu s’assoir pendant des jours entiers.

C’est Adam qui se révéla être le psychologue autoproclamé de John. Enfin, c’est avec lui que l’américain aura le plus de facilité à discuter de son passé. Il ne sait pas tout, la mort de ses amis est profondément ancrée au fond de son cœur, son infertilité aussi. Mais il aura parlé de cette femme qu’il n’arrive pas à oublier, de ce père qui aura pourri son enfance et son adolescence, de ce père adoptif qu’il avait trouvé en Jude – Josh – et de cette sœur qui lui donnait l’impression d’être un minable.

Adèle ne connait que le passage du père et de la sœur, il aurait trop peur que cette femme essaie de discuter avec Karla. Il est enchanté de savoir qu’elle est heureuse, qu’elle a refait sa vie. Lui sait qu’il n’aurait jamais pu revenir auprès d’elle. L’Amérique et tout ce qu’elle représente l’effraie. Il s’est construit un cocon protecteur à Mayaku dans lequel il a l’impression d’être en sécurité. Et retourné à Seattle reviendrait à faire un bon de dix ans en arrière et ça n’a aucun intérêt à ses yeux. Il lui a envoyé un enregistrement vocal d’une lettre particulièrement longue l’année ou il est devenu Tête de Pays. Il s’est ainsi libéré du poids de son amour pour elle. Oh, il l’aimera toujours au fond, elle était la femme de sa vie et elle le restera jusqu’à sa mort. Mais il voulait mettre un point final à cette histoire. La lettre commence avec un « Si tu n’as pas envie d’entendre parler de moi, si c’est trop dur, si ça peut mettre en péril ton bonheur alors efface cette cassette s’il te plaît. » et il ne saura jamais si elle l’aura écouté. Mais ça lui aura permis aussi d’avancer et d’avoir une relation un brin plus long et plus stable que les précédentes. Que ce soit Alex, Dai, ou les coups d’un soir – réguliers ou non – qu’il a enchaîné pendant son séjour japonais, aucun n’avait réussi l’exploit de le faire avancer.

Elle, oui.

«Chapter sixteen – Brave new world.»
Pria était au Japon pour un programme d’échange commercial entre deux entreprises. De trois années sa cadette, il la rencontra un an après avoir eu ces promotions. Elle était douce, forte et indépendante à la fois. Et pourtant, il se sentit bien avec elle. Elle lui rappelait Karla sans être la même personne.

Pria était venu à l’hôpital en urgence parce qu’elle s’était cassé le bras. Il s’occupa d’elle longuement avant de la laisser à l’orthopédiste. Elle était drôle et, malgré sa douleur, elle l’aura fait sourire. Irrémédiablement attiré par la demoiselle, il sera passé par sa chambre pour voir comment elle allait. La jeune femme l’invitera elle-même à prendre un café et lui glissa une carte de visite avec son numéro de téléphone dans la poche de sa blouse.

C’est ainsi que débuta une longue relation de trois ans et demi. Elle lui confia toute sa vie, il en connait les moindres détails. Mais, comme à son habitude, elle ne connait que peu de choses de lui. Il ne s’est pas confié plus que de raison sur le pourquoi de sa présence au Japon, sur la question de savoir si l’alliance qu’il porte toujours est véridique ou si c’est seulement un moyen d’éloigner les femmes – ou de les attirer, au choix. Il y a une multitude de questions qui sont restées en suspens. Ces mêmes questions qu’il n’arrive pas à régler. Adam et Adèle lui on conseiller d’aller voir un psychologue, il leur a fermement dis non. Mais, ce serait l’idée la plus intelligente pour qu’il puisse évoluer.

Quant à Pria, elle abandonna. Quand elle dû retourner en Inde, elle lui proposa de venir. La réponse fut évidente : non. Il ne pouvait pas quitter l’hôpital et, raison plus secrète, il ne pouvait pas quitter le pays, ni même la ville. Dire qu’elle comprit serait exagérer mais elle ne lui fit pas de scène. Elle l’embrassa et ils ne se revirent jamais. Elle lui manque, parfois, mais il sait qu’il a évité à la jeune femme de perdre plus de temps avec lui.

Le dernier événement marquant de sa vie fut la mort de son géniteur l’an passé. Matthew Clarke succomba à une crise cardiaque durant un dîner d’affaire. Pour la première fois depuis son départ, il retourna aux États-Unis. Pour la première fois il aperçut Karla. Il n’alla pas lui parler, elle ne vint pas près de lui non plus. Il put de nouveau étreindre Russel. Il mit ce coup de pied aux fesses de Clifford quand il le vit traiter sa femme et ses enfants. Et il sourit en voyant Kathryn heureux avec une jeune femme un brin plus âgé. Sa famille allait bien et il était heureux de voir qu’ils avaient tous réussis à avoir une belle vie. Brad lui tomba dans les bras et lui fit promettre qu’ils se reverraient. Il rencontra son époux avec qui il s’entendit bien immédiatement.

Le tableau de famille était impeccable. Même Adam et Adèle étaient venus avec lui pour le soutenir. Il ne pleura pas la mort de ce père qui les avait tant privés d’amour. Mais il regretta de ne pas avoir essayé de reparler avec lui après ses études. Peut-être qu’en adultes, ils auraient pu régler leurs comptes.

Finalement, Karla vint lui présenter ses condoléances. Il l’enlaça doucement et la laissa partir. Ils n’avaient rien de plus à dire. Ils avaient tous les deux tournés la page, même si elle resterait toujours bien marquée pour John.

Aujourd’hui, avec ses deux acolytes, il est impliqué dans la politique actuelle de la ville. Il surveille la moindre brèche pour s’y engouffrer. Ça lui évite de penser à sa vie sentimentale et personnelle chaotique.  

En fin d’année 2014, pour Noël, Levy lui a offert un chat. La seule réplique qu’il aura eu, ce fut de lui demander s’il comptait faire de lui une vieille-fille.

The End.


Animal






Nom : Deliah
Race : Aucune idée
Sexe : Femelle

Description : Deux grands yeux vert, un pelage gris a rayures noires et blanche, Deliah est une petite chatte absolument adorable. Elle est câline, n'hésite pas à venir se frotter contre les jambes de son maître lorsqu'il rentre à la maison. Elle possède un collier en cuir noir avec une médaille et est tatouée dans l'oreille droite pour qu'on puisse la retrouver facilement si elle s'enfuit.
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Dim 5 Avr - 5:37

Je viens vous annoncer avec beaucoup de bonheur que cette fiche est - enfin - terminée.
Je suis désolée pour la longueur, c'était pas du tout prévu. J'ai pris énormément de plaisir à l'écrire et à créer Penta, j'espère qu'elle vous conviendra ;w;
Et je suis désolée d'avance pour les fautes d'orthographe/conjugaison/français que vous pourrez y voir. J'ai passé via word et scribbens, je pourrais malheureusement pas faire mieux je pense... x_x

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Dim 5 Avr - 18:35


Ouatch, j'ai bien fais de commencer à lire tout ça hier, sans quoi j'y serai encore, héhé !

Bonsoir bonsoir,

Je te souhaite officiellement la bienvenue dans notre belle ville !

Ta fiche a été un vrai plaisir à lire, malgré la longueur qui semblait plus t'effrayer toi que moi. J'ai vraiment aimé la manière dont tu as fais les chapitres. Je m'imaginais relativement Penta comme ça, mais en découvrir toutes les facettes, toute l'histoire, c'est juste magique. ♥ Je tiens vraiment à te remercier d'avoir choisi ce personnage, qui me tient extrêmement à coeur, au même titre que les deux autres têtes du trio.
Au niveau des erreurs d'orthographe, je n'en ai pas repéré des masses, il n'y a donc aucun souci à ce niveau-là.

J'ai repéré quelques petits problèmes et incohérences :
- Dans le chapitre 14 - Leviticus. Tu dis que Penta aimerait que Levy ait un métier légal. Il en a un, il travaille en tant qu'ingénieur son à Mayaku.
- Pour le casier judiciaire, tu dis qu'il a été inculpé pour coups et blessures à cause d'un père ayant oublié son enfant durant plusieurs jours. Mais dans ta présentation, tu dis qu'il a frappé un junkie à cause d'une ado qui avait fait une overdose par sa faute.

Je te laisse donc modifier ces quelques points. Tu seras validée une fois cela fait. ;)

Poutouilles, à bientôt \o
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Dim 5 Avr - 18:44

Oups x_x a force d'avoir le nez dedans j'ai oublié ca.
J'ai remplacé "métier" par "occupation, loisir," et j'ai modifier la partie du casier judiciaire *A*

Je suis vraiment heureuse qu'elle t'ai plus ;w;
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Dim 5 Avr - 18:51


C'est farpait, tu es donc bien évidemment validée !

Quartier Ouest

Dans les tréfonds, De-John "Penta" Clarke, tu viens de faire ton ascension. On raconte que tu as intégré le quartier Ouest pour ses valeurs. Il ne te reste plus qu'à te faire un nom, te faire une place dans nos ruelles, construire tes relations, te rendre joignable, puis aller à la rencontre des habitants de la ville.


Personnage Non Joueur ▬ Plus d'information concernant le PNJ.




Ta couleur te sera attribuée dans quelques secondes !

Voili voilou, tu sais où me trouver si tu as des questions,
'Mumuse-toi bien à Mayaku ♥
Dreiden M. Ijiwaru
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Such a pretty boy, but such a dirty mouth.
Such a pretty boy, but such a dirty mouth.



Dim 5 Avr - 19:01

    Tu gères Penta. Prends plaisir à RP parmi-nous. ♥


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Dim 5 Avr - 19:03

Merci beaucoup à tous les deux ;w; ♥
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