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MayakuDreams come true

C’est étrange pas vrai ? la façon dont une ville peut vous envoûter, malgré les histoires étranges qui s’y déroulent, malgré les quatre quartiers qui la divisent, malgré son passé trouble. Et pourtant … Bienvenue à Mayaku, la fascinante Mayaku.

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 A toute heure de la nuit ft. Azumi Niruya

Dreiden M. Ijiwaru
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Such a pretty boy, but such a dirty mouth.
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Mar 14 Juin - 19:40




Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Psaume 22


Il y a des souvenirs que je n’oublie pas. Ce visage japonais auquel deux yeux bleus viennent rayonner votre journée. Un sourire, toujours présent. Une fraîcheur. Un parfum. Nos rires. Le souvenir que me laisse Azumi est merveilleux. Je laisse ma petite amie finir sa nuit enveloppée dans les draps. La porte de chez Aiden se referme doucement derrière moi. Moi, je n’arrive pas à dormir. Impossible. J’ai peut-être trop clopé, trop clopé pour me laisser emporter par Morphée. J’ai aucune idée de ce que j’ai envie de faire, mais rester sur le canapé m’ennuie. J’ai déporté mes yeux à mon portable lorsqu’il a vibré. C’en est pas presque si la lumière même de l’écran me brûlait les yeux. Je reste un moment le portable au creux de la main, à la fois pour m’habituer à la lumière qui en émane que me ramener à la raison devant ce prénom. Azumi.

Merde.

Je geins la gorge nouée. Entre mes lèvres, ça part, comme ça. J’ai les larmes qui viennent, hho. Je ne les sens même pas, les larmes. Même si elles coulent, même si elles veulent se faire remarquer en parcourant ma joue pour s’échouer à mon torse. Merde, Merde. Je geins, puis souris. Mes lèvres dessinent une joie naïve, enfantine, insouciante. Merde. Azumi. Et il y a cette voix dans ma tête qui me fait me lever, qui me fait ranger mon téléphone à la poche de mon grand sweat bordeaux, déniché à la bagnole de Yu. Mon préféré. Il pue la came, mais merde, qu’est-ce que je l’aime et putain qu’est-ce qu’on s’en fout. Elle est là. Elle est à Mayaku. Ma main s’agrippe au dossier du canapé, je sèche nonchalamment mes larmes d’un revers de manche. Entre pleure et sourire, rire. J’ai la tête qui s’agite, un gamin content de revoir sa plus grande amie. Elle a peut-être changé, entre temps. J’ai changé, entre temps. Et ? Oh, Dreiden, sérieusement ? Qui s’en préoccupe. Je viens pousser la porte de la chambre avant de partir. Je laisse ma petite amie finir sa nuit enveloppée dans les draps. La porte de chez Aiden se referme doucement derrière moi.

J’échange un peu avec elle. Je lui annonce que j’arrive. Elle m’a donné son adresse. Un appartement. Mes doigts agrippent le Zippo, je m’allume un roulé. Mes mains retrouvent ensuite les poches du large sweat. Ouais, je portais bien le bordeaux. Ça mettait en valeur mes cheveux blonds en bataille. J’ai des carreras aux yeux. Inutile de se bousiller plus que ça le regard. Le bas de mon ventre est noué, comme ma gorge, malaise. Aucune idée de ce que j’avais à lui dire, non, à peine croyable qu’elle soit là. Qu’est-ce que tu deviens, Dray, non, crois pas que j’ai abandonné. C’est qui celui-là, il vient d’Osaka, pourquoi, non, c’est juste une erreur, ne t’en fais pas. Le quartier Nord-Est, il a disparu, non, oui, peut-être, je ne sais pas, j’en suis pas sûr, t’iras vérifier. Ohh, il est vers les trois heures du matin, les rues sont si désertes. Pas un môme, pas une famille, juste des chats, des mignons petits chats qui cherchent de quoi se remplir le ventre et remplir ceux de leurs petits. Oui, leurs petits. Ils montrent l’exemple, des vrais chats. Voyez, des chats raisonnés. Faudrait les raisonner, les chatons, les chatons qu’écoutent pas, faudrait les prévenir qu’on va les arracher de tout ceux qu’ils aiment parce que t’es plus le chaton qu’il voulait que tu sois, ehh. Le roulé ricoche par terre. Je l’écrase du bout de la creepers.

Tu relèves la tête, tes yeux clignes, tu rêvasses. Ce n’est pas un rêve, c’est la réalité. Azumi habite ici. À l’intérieur de cet immeuble qui te domine par l’ensemble de ses étages. La pluie commence à crouler sur mon visage. Je suis trop heureux. Je reste là, devant ces marches, à sourire au bâtiment, à le faire si bêtement. Les mains dans les poches, le creux du ventre et la gorge toujours si noués. Ça dure une minute ou deux, je ne compte pas le temps, il s’est arrêté depuis qu’elle m’a dit. Qu’elle m’ait dit qu’elle était rentrée. Bienvenue à la maison, ohh. Bienvenue dans ta ville. Bienvenue dans tous ces souvenirs qui n’ont pas dû s’effacer en ta mémoire.


Mon sourire s’efface. J’ai le sentiment de ne pas valoir autant que ce qu’elle pourrait s’attendre. Mon visage se baisse, je fais dos à la porte et à l’interphone auquel j’étais prêt à sonner. Tu t’en rappelles, non, tu t’en rappelles, qu’elle, elle est allée en desintoxe, dans ton foutue quartier Nord-Est. Qu’elle y ait sortie, qu’elle s’en est sortie. Et toi ? Toi t’es inacceptable, Morgan. Mes omoplates se cale contre la porte. Mon index appuie, Niruya.

C’Dray . . .



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Lun 27 Juin - 20:02


Le silence profond. Les petites gouttes qui éclatent sur la verrière. Ses doigts qui tapotent sur l'écran éteint de son téléphone. Il y a le bruit d'un briquet, une lueur éclaire soudain l'appartement. On peut distinguer le visage impassible de la jeune femme qui, les yeux mi-clos, allume la cigarette glissée au coin de ses lèvres. Le silence profond.

                           Tu refumes ?

Azumi expira lentement la fumée alors qu'elle s'enfonçait dans les coussins du canapé.

                           C'est pas la solution à tes problèmes tu sais.
                           Il n'y a pas de solution.


Son téléphone vibra sous sa paume. Elle y jeta un coup d'oeil rapide puis se laissa aller en arrière, soufflant une nouvelle salve de fumée. Il arrivait. Elle se demandait ce qu'elle pourrait ressentir lorsqu'elle le verrait. Ils avaient tous deux changés en trois ans. C'était certain. Elle n'était plus la tatoueuse de l'est, elle n'était plus la propriétaire de la fée verte. Et lui alors ? Il n'était plus maire. Il avait du lui arriver bon nombre de chose en son absence. Comme à son habitude, elle n'avait pas été là. Comme pour tous les autres, elle l'avait laissé derrière elle. Il était devenu un souvenir, elle se souvenait pourtant très bien de son sourire, de son rire, de son regard. Dreiden était son ami. Le temps effaçait-il ces sentiments ? Elle ne savait trop dire ce qu'elle ressentait à son égard. Une étrange étincelle avait vibré dans son estomac lorsqu'elle l'avait appelé. Le son de sa voix sur son répondeur lui avait décroché un sourire nostalgique. Quelques balbutiements sur sa boîte vocale avaient décidé le jeune homme à la rejoindre directement chez elle. Les choses n'avaient pas changé, il était toujours le bienvenu, pourtant... Une anxiété étrange lui saisissait les tripes. Elle ne savait pas quel homme elle allait retrouver. Peut être lui en voulait il d'être partie dans la plus grande discrétion. Peut être lui en voulait il de n'avoir donné aucune nouvelle durant trois ans. Peut être lui en voudrait il de ne pas avoir été une amie à la hauteur.

Azumi se leva lentement. L'appartement était plongé dans la pénombre. Il devait être trois heures du matin, peut être quatre. C'était un peu lugubre. Le silence était poignant, la nuit très noire et le parquet craquait sous ses pieds nus. Elle alla allumer les quelques spots de la cuisine. Celle ci, totalement ouverte sur le salon, baigna l'immense pièce d'une lueur faible, presque reposante. La jeune femme attrapa un briquet et entreprit d'allumer les bougies disséminées au quatre coins de la pièce. Lorsqu'elle eut terminé, l'espace était beaucoup plus accueillant. L'eurasienne se dirigea vers l'immense chaîne hi-fi près de la baie vitrée et y brancha son téléphone, sélectionnant sa playlist au hasard. (We were) Electrocute se déversa dans les enceintes. La voix grave de l'homme au timbre si particulier vint bercer ses oreilles.

Lorsqu'elle était seule de cette façon, il était dur de résister. Cela faisait presque trois ans. Trois longues années durant lesquelles elle avait tout fait pour maintenir sa barque au sein de la tempête qu'elle avait elle meme créée. C'était toujours dur. Il lui arrivait encore de devoir faire face à des crises de panique, des sentiments dépressifs. Oui c'était toujours dur, mais ça allait mieux. Ce qui avait été autrefois insoutenable était maintenant presque supportable. Le manque s'en allait.
Mais de se savoir dans cette ville où toutes ses addictions avaient commencé... C'était plus dur qu'elle ne l'avait imaginé. Il lui suffisait de sortir au quartier est, renouer avec les bonnes habitudes n'était pas si compliqué. Les mains de la jeune femme se mirent à trembler. Elle passa ses doigts contre son crâne, ramenant ses cheveux vers l'arrière en prenant une profonde inspiration. L'envie la tiraillait avec force.

Juste une fois.
Pour se rappeler.
L'addiction ne reviendrait pas si vite...

La sonnerie de l'interphone la fit sursauter avec violence. La respiration emballée de la jeune femme se coupa net, elle secoua la tête pour remettre ses idées en place. Le cœur battant, elle marcha rapidement jusqu'au téléphone qui lui permettrait d'ouvrir en bas.

                           "C'Dray..."

Azumi se mordit les lèvres en entendant sa voix. Contrairement à Louyse, elle n'avait eu aucun contact avec lui durant tout le temps de son absence.

                           "Entre." Souffla-t-elle alors qu'elle appuyait sur le bouton qui ouvrirait la porte d'entrée.

La jeune femme fit les cents pas. Son chien, jusqu'alors tranquillement étendu près de la baie vitrée, leva le museau pour la regarder s'agiter devant la porte d'entrée. Quelques étages, juste quelques étages et il sonnerait. Azumi vit la lumière s'allumer sous le jour de l'entrée, signe qu'il atteignait son palier. Incapable d'attendre, la jeune femme attrapa la poignée et ouvrit la porte à la volée, découvrant son ami face à elle, prêt à sonner. Elle ne sut alors que faire. Sourire, dire bonjour, faire un signe ? S'écarter pour le laisser rentrer.
Alors elle le serra dans contre elle. Franchissant les deux pas qui les séparaient, elle se fondit dans ses bras. Maladroite, incertaine, elle entoura son corps de ses deux bras en se mordant les lèvres. Elle qui d'habitude conservait toujours une certaine pudeur dans ses gestes d'amitié s'était laissée emporter par la vague d'affection qui l'avait submergée. C'était si inhabituel. Une petite part d'elle venait de se reveiller.

                           "Dray..."

La jeune femme se recula pour contempler le visage de son ami. Elle posa ses deux paumes sur les épaules du jeune homme, la gorge nouée. Son regard était plongé dans le sien.

                           "J'ai l'impression de ne pas t'avoir vu depuis cent ans."

Elle s'écarta pour le laisser rentrer, Bob se faufila entre les jambes de la jeune femme pour aller à la rencontre du nouvel arrivant. Il lâcha un aboiement joyeux à la vue de Dreiden. Azumi glissa sa main dans le collier de l'animal pour le maintenir à une certaine distance, sachant combien il pouvait être envahissant.

                           "Rentre, je t'en prie."
Dreiden M. Ijiwaru
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Sam 2 Juil - 18:02


Entre.

Mes lèvres mordillaient mes lèvres lorsque j’entendis sa voix. Il y a de l’appréhension. J’ai la sensation de la ressentir, l’appréhension comme quelque chose de matériel. Comme des flocons qui se déposent sur les moindres parcelles de ma peau et qui me donnent quelques légers frissons, des frissons d’envies. Je pousse maladroitement la porte qu’elle m’a ouverte. Je me sens défaillir à chaque pas que je fais. Je suis déchiré. Entre légèreté et sensation forte de l’amitié. J’ai le bas de mon ventre malmené par l’adrénaline. Plus j’avance, moins j’y crois. Qu’est-ce qu’il va se passer ? Qu’est-ce qu’on va se renvoyer comme image ? Mes mains attestent dans le vent que je dois cesser d’y réfléchir. Elle a déjà ouvert la porte ou vais-je devoir l’ouvrir ? Découvrir sa silhouette au premier instant ou endurer la patiente de voir une putain de porte s’ouvrir ? Je veux juste voir son visage. Comme avant. Son regard pétillant. Sa manière bien à elle, celle de t’envouter, juste sa présence. Azumiestlà. Azumiestrevenue. Azumiellem’atellementmanquée. Mes mains restent enfouies aux poches de mon pantalon. J’atteins son palier et les lumières m’illuminent. J’élève les yeux aux portes, les lèvres quelques peu entr’ouvertes, les flocons, l’appréhension. Juste un nom :

Dray..

Jésus . . .

Mes yeux se ferment. Ses bras. Son attachement. Notre affection. L’instant me saisit tellement que je le crois infini. Je me sens à mille lieux de ce foutu palier. J’ai l’odeur d’Azumi qui me comble. Depuis combien d’année je n’ai pas eu droit à pareil étreinte d’affectivité ? J’ai l’impression que mon âme à quitter mon corps. Elle m’a littéralement touché. Une flèche plantée au cœur, sur le manche, il est gravé Amitié. Putain d’Amitié, pourquoi t’es partie ? Pourquoi t’as tout quitté ? Ohh, même en trois ans, je t’assure que je n’ai jamais reçu autant ressenti d’affectivité. Mes yeux se rouvrent. Azumi.

J'ai l'impression de ne pas t'avoir vu depuis cent ans.

Mon cœur s’emballe. Mes yeux tremblent devant son regard. Shame. Il le fait avec le même entrain qu’un enfant qui voit le père noël. Je reste interdit. J’ai foutrement aucune idée de quoi répondre. Timide. Va savoir ce qui m’arrive vraiment, ça me fait rougir. Je rougis. Mes pommettes se teintes de roses et dissimulent en cela mes taches de rousseurs. Elle a porté ses mains à mon visage désillusionné et lorsqu’elle l’a lâché, j’ai cru ne plus savoir soutenir ma tête.

Rentre, je t'en prie.

Je garde un moment les yeux d’Azumi en vue, puis les abaissent à Bob. Le chien qui vient d’aboyer, ravie par ma présence. Il a la queue qui bouge. Il a un poil fascinant. Il a l’air d’une peluche géante et il donne envie d’être aimé. Je n’ai jamais vraiment aimé les chiens. J’ai fait un effort lorsque Murdurer est venu me chercher à l’Est et que, par élan d’affection envers ce Berger Allemand, j’ai décidé de le remettre à Seiji pour qu’il s’en occupe. Azumi ne sait pas que Jekaterina, la russe de l’Est, a entraîné la mort de Deìth, ni que Seiji m’a offert un nouveau Sacré de Birmanie qu’il nomma « Morphìn ». Comme si je n’avais pas le choix de l’appeler autrement. Seiji est pervers. Il sait que j’aime les chats et il veut que je me rappelle de lui comme ça, Morphìn. J’approche Azumi malgré qu’elle ait reculé. Mes doigts se plongent dans les poils du chien. J’ai un genou à terre et la gueule de Bob à mon visage. Je ris. J’aime malgré tout énormément les animaux. Je trace des traits entre son poil et les remonte à ses oreilles. J’observe les yeux expressifs de l’animal avec un léger sourire. J’ai toujours apprécié le contact avec les animaux. Il se passe des choses inexprimables. Ces moments devraient être plus présent en nos vies. Ces breaks que les animaux arrivent à faire dans nos vies. Oui, ils devraient être obligatoires.

Magnifique poil. Comment s’appelle-t-il ? Je me relève. Cherche du regard. Nulle part. Qu’est-il advenu de ton chat ? Ton chat, celui que je t’ai offert. Tu t’en souviens ?

Il y a quelque chose qui a changé en trois ans. Le timbre de ma voix. Le grave qui s’insinue aux tonalités des cordes vocales. Une maturité qui contraste avec les traits de mon visage d’enfant innocent, et un bouc qui n’est pas sans évoquer Nagisa. Je passe ma main à ma grande mèche en bataille. L’autre se loge dans la poche avant du sweatquisentlacameàSayjay. J’observe l’endroit où Azumi vit. Agréable, confortable et une décoration de goût. Je finis par m’éloigner d’elle et de Bob. Mes membres peinent à supporter ma carcasse frêle. Mes yeux restent à demi-clos. J’ai l’impression d’être ailleurs à cet instant. J’ai du mal à comprendre ce qu’il m’arrive, pourquoi j’ai ces rougeurs au visage et pourquoi je cherche à observer ces lieux comme si c’était ce que j’avais à faire.

Tu n’imagines pas tout ce qui s’est passé. Tu es partie, comme ça. Tu ne l’as dit à personne. Même pas à Louyse, même pas à Raph’, même pas à moi ? Ohh, t’as pas idée de ce qui s’est passé. Et je me dis, peut-être . . . peut-être que si tu étais restée, on en s’rait pas là. ‘xactement, t’as pas idées des nuits sombres dans lesquelles tu m’as laissé m’entailler parce que j’ai eu aucune foutue idée de c’qui t’es arrivée, où t’es allée. Mes doigts triturent ma mèche. C’est compulsif. Ils tremblent, mes doigts. Je la lorgne du regard, froid. Alors c’est ça, c’est ça la désintoxe ? Ça t’fait avoir des ailes et ça te fait partir vers de plus belles contrées ? Bah putain, si j’avais su. Si j’avais su que ce foutu quartier Nord-Est allait t’amener à partir, t’aurais cru que je l’aurais construit ? Merde, Niruya, ce n’est pas cent ans qui nous ont séparé, mais bien des putains d’années lumières. Ehh quoah, tu t’sens éclairée maintenant ?

Mon visage bascule en arrière. Ma main tremblante s’accroche à mon bras droit, ballant. Mon ton est animé par la frustration plutôt que de la véritable rage. Je me sens dévasté. Son absence m’a marqué aussi fortement que son étreinte. Mes années après son départ ont été un enfer, rappelez-moi la dernière fois où on m’a étreint ou aimé avec autant d’affectivité. Bien sûr, c’est arrivé, mais ça ne représentait jamais assez. Oui, ça passe pas comme ça passe avec Azumi. Azumi ça part tout là-haut et ça ne redescend pas. C’est le point culminant qu’il y a dans la lettre A. Je veux un A pour Amitié. Je veux un A pour Azumi. On m’a rendu Azumi pour tous ces putains de A du monde.

Et mon regard croise une fumée qui danse au milieu de la pénombre et sur les vibes d’une musique profonde.

Et cet atmosphère nous ressemblait bien, finalement.



Le parquet craque. Mes doigts fins récupèrent le roulé. Ils le logent entre index et majeure. La façon de tenir ça, une connaissance que je n’avais pas, il y a trois ans. Naturellement, j’inspire et exhale en l’air. Aussi doucement qu’un nuage s’en formait autour de mon visage. Je referme les yeux. Nous étions là, l’un, l’autre. Heureux de nous retrouver après tant d’année, pourtant. Pourtant je me sens toujours aussi seul. Un désastre. Un individualisme qui s’est forgé tout au long de ces trois putains d’années. Ohh, que Louyse a dû lui en parler.

Tu sais c’que c’est l’individualisme ? C’est c’qui te fait arrêter d’essayer si fortement pour ceux qui n’en ont finalement, rien à foutre. Ouais, Zazu. C’est ça ce que ça signifie, l’individualisme. C’est là qu’elle se trouve ma putain de liberté. C’t’après qu’tu vois si les autres suivent – parce qu’ils ont compris qu’elle était là, ta foutue liberté – ou te laissent . . . tomber.

Le roulé se repose au cendrier. Mes mains s’élèvent délicatement en l’air et je découvre les décorations. Je me sentais tellement bien en présence d’Azumi qu’elle ne peut se l’imaginer. J’ai l’impression de marcher sur un nuage aux cotons moelleux et que, ensemble, on vivait la création du monde. Je finis par déposer mes omoplates contre l’imposante chaîne hifi qui crache du son profond et intense. Mon visage se tourne, mon attention se déporte à elle. Mon bras se dresse vers elle et mes doigts l’appellent. Je veux qu’elle me tienne la main. Je veux croire qu’elle est là, pour de vrai.


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Mar 26 Juil - 21:24


La jeune femme se redressa lentement, marquant un petit temps après la réponse de Dreiden.

                               "- Il s'appelle Bob. Le chat, et bien. Le chat est resté avec Raphaël. Là où j'allais il ne pouvait pas venir."

Azumi prit une grande goulée d'air, chassant de son esprit les démons qui venaient l'assaillir dès qu'elle pensait au jeune homme.

                               "- Du coup je ne sais pas ce qu'il est devenu, je suis désolée."

Elle se serait mal vue en effet de prendre des nouvelles du chat après une telle rupture. Un simple coup de téléphone pour demander ce qu'il en était du chat ? C'était malvenu et presque cruel. La jeune femme était de toute façon sûre de l'avoir laissé entre de bonnes mains. Si elle avait écouté sa raison, elle aurait aussi laissé Bob à Mayaku. Mais abandonner son compagnon canin avait été au dessus de ses forces, il l'avait donc accompagné dans ses pérégrinations. L'eurasienne leva les yeux vers son ami qui restait planté là, le regard vagabond. Le jeune homme avait murit, physiquement. Il avait changé, ressemblait davantage à un homme. Pourtant son visage portait des marques qu'elle ne connaissait que trop bien, son corps affichait une maigreur qu'elle avait elle même connue.

                               "Tu n’imagines pas tout ce qui s’est passé. Tu es partie, comme ça. Tu ne l’as dit à personne. Même pas à Louyse, même pas à Raph’, même pas à moi ? Ohh, t’as pas idée de ce qui s’est passé. Et je me dis, peut-être . . . peut-être que si tu étais restée, on en s’rait pas là. ‘xactement, t’as pas idées des nuits sombres dans lesquelles tu m’as laissé m’entailler parce que j’ai eu aucune foutue idée de c’qui t’es arrivée, où t’es allée. Alors c’est ça, c’est ça la désintoxe ? Ça t’fait avoir des ailes et ça te fait partir vers de plus belles contrées ? Bah putain, si j’avais su. Si j’avais su que ce foutu quartier Nord-Est allait t’amener à partir, t’aurais cru que je l’aurais construit ? Merde, Niruya, ce n’est pas cent ans qui nous ont séparé, mais bien des putains d’années lumières. Ehh quoah, tu t’sens éclairée maintenant ? "

Azumi piocha une cigarette dans son paquet, le visage fermé. La joie des retrouvailles passé, voilà qu'elle recevait les reproches qu'elle avait redouté. La froideur, la rancœur. Comme si elle était étrangère à ces sentiments, comme s'ils n'avaient pas été ses compagnons de vie pendant trop longtemps. La jeune femme l'écouta avec attention, portant son briquet à son visage et tirant une bouffée de tabac. Au moins il lui parlait, c'était toujours mieux que le silence qu'elle avait tant redouté. S'il lui parlait maintenant c'est qu'il souhaitait des explications, c'est qu'il souhaitait la voir revenir dans sa vie. Il avait l'air perdu, il avait l'air seul. Il avait l'air dans un sale état. Cela lui faisait de la peine de le voir de cette façon tout en sachant qu'elle l'avait abandonné à sa tristesse. Aurait-elle été capable, trois ans plus tôt, de le soutenir ? Probablement pas. Mais il ne le savait pas. La jeune femme marcha lentement vers la cuisine ouverte sans cesser de l'écouter. Son regard se posait parfois sur lui alors qu'elle se saisissait de deux verres dans un placard. Elle n'avait quasiment rien acheté depuis son arrivé, pourtant une bouteille de Rhum s'était glissée sous son évier. La brune la débouchonna et versa le liquide ambré dans les récipients.

                               "Tu sais c’que c’est l’individualisme ? C’est c’qui te fait arrêter d’essayer si fortement pour ceux qui n’en ont finalement, rien à foutre. Ouais, Zazu. C’est ça ce que ça signifie, l’individualisme. C’est là qu’elle se trouve ma putain de liberté. C’t’après qu’tu vois si les autres suivent – parce qu’ils ont compris qu’elle était là, ta foutue liberté – ou te laissent . . . tomber."

Azumi tourna la tête vers lui, les deux mains appuyée sur le plan de travail de sa cuisine. Il la regardait de ses yeux pénétrants. Il y a une détresse telle dans ses orbes d'opale qu'elle ne peut pas s'empêcher de le rejoindre lorsqu'il tend ses doigts vers lui. La jeune femme s'empara de la main de son ami, la glissant entre ses deux paumes. Gardant le silence pendant de longues secondes, elle maintenait son regard sur le parquet. Elle finit par lâcher un soupir.

                               "- Je n'ai aucune idée de l'homme que tu es devenu. J'ai envie de croire que je te connais toujours, j'ai envie de te dire que rien n'a changé. Mais je n'en sais rien, tu es là et... Il y a une partie de toi que je ne reconnais pas. Enfin, si, je la connais bien en fait cette partie de toi. Mais je n'avais jamais pensé la voir en toi. Où t'es tu perdu, Dray ?"

Azumi glissa son pouce contre sa paume dans un contact rassurant, pourtant son cœur battait la chamade. Elle savait très bien ce qui avait perdu le jeune homme. Elle pouvait le voir, elle pouvait même le sentir. Cette odeur de came sur son sweat l'avait enivrée lorsqu'elle l'avait serré contre lui. L'eurasienne contenait le tremblement de ses doigts.

                               "- Peut-être que si j'étais restée on en serait pas là. Peut-être, peut-être pas. Avec des si on peut tout refaire, Dray. Mais... Je ne pouvais pas rester. Je te jure. C'était au dessus de mes forces. J'ai fui et je ne le regrette pas. Contrairement à ce que tu sembles penser, c'est pas la désintoxe qui m'a fait foutre le camp. " Murmura la jeune femme très doucement. "Et oui, je me sens éclairée. Je me sens bien et rien que pour ça je ne changerais aucune de mes décisions passées. Je ne sais pas ce que tu as traversé, mais tu n'as toi non plus aucune idée de ce que j'ai vécu ces derniers temps. T'as pas l'air bien, t'as vraiment pas l'air bien..."

Azumi se recula d'un pas, déglutissant. Tout ça lui renvoyait des flash de sa vie passée. Elle avait envie de lui arracher son pull et de le jeter par la fenêtre, cette odeur... Elle lâcha sa main pour aller se saisir d'un verre de Rhum, lui désignant de la tête le second verre qu'elle avait préparé pour lui. Le liquide brula sa gorge et elle ferma les yeux quelques instants pour en apprécier l'arôme.

                               "- Tu sais ce que c'est l'individualisme ? C'est te privilégier toi. Toi tout seul. C'est triste, non ? Peut-être que tu devrais essayer d'arrêter d'en faire tant pour ceux qui n'en ont rien à foutre, trouver les bonnes personnes à aimer."

Azumi haussa les épaules avec douceur.

                               "- Tu sais on peut aimer dans l'absence. Je ne suis pas partie que pour moi à cette époque..."
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